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Correspondances de poilus 1914-1918

  • D.P. Lettre du 2 juin 1918

    Le 2 juin 1918. Cher Parent, Deux mots pour vous donner l’état de ma santé qui est très bonne et je désire que ma lettre vous trouve de même. Je vous écrive ce soir pour vous prévenir si des fois vous êtes quelques jours sans nouvelles, il ne faudra pas trouver ça drôle car l’on doit voyager dans la direction qui va si mal, l’on selle la jument noire demain soir. Je crois qu’il n’y fait pas bon et il doit encore en avoir de tomber du pays malheureusement, enfin j’ai espoir de la fin de la guerre cette année mais qui ne sera pas à notre avantage mais pourvu…

  • D.P. Lettre du 28 novembre 1918

    Le 28 novembre 1918. Cher parent, Deux mots pour vous donner de mes bonnes nouvelles et je désire que ma lettre va vous trouver ainsi, depuis ma rentrée je n’ai rien que deux lettres, la dernière voilà huit ou dix jours, je pense en recevoir une un de ces jours. Je sais qu’ils ne vont pas très bien car nous sommes éloignés, maintenant l’on est dans le Luxembourg et le village s’appelle Bettborn et je crois que dans quelques jours l’on rentrera en Allemagne, vivement qu’on signe la paix et que l’on quitte ce sale métier depuis si longtemps attendre, autrement rien de nouveau. Pellan n’est pas encore rentré, je…

  • D.P. Lettre du 30 novembre 1918

    Le 30 novembre 1918. Cher Parent, Deux mots pour vous donner de mes bonnes nouvelles et je désire qu’il en soit de même pour vous. Par ici voilà deux ou trois jours qu’il tombe de l’eau et le soir il gèle même très fort car dans ces pays nous sommes le froid ne manque pas ; pour le tour de perme, il recommence demain ce qui me renvoie pour la fin février ou le mois de mars peut-être pour la dernière, pour Jouet le premier de l’an. Je ne sais comment vont vos lettres mais voilà déjà quelques temps que j’en ai pas vu la couleur, il est vrai qu’il…

  • D.P. Lettre du 20 novembre 1918

    Le 20 novembre 1918. Cher Parent, Deux mots pour vous donner de mes bonnes nouvelles et je désire qu’il en soit de même pour vous. J’espère que vous savez que les permes sont à vingt jours, je crois qu’il sera la dernière. Je verrai comment ils iront vite pour travailler à la lande comme je vous l’ai dit. Je vas vous dire que j’ai vu Dupont hier soir et Jouet a vu son pays Métairie, l’on a bu un bon coup de pinard et ils avaient emporté de l’eau de vie, un litre, l’on a tout liquidé avant qu’ils partent, à part ça rien de nouveau, nous sommes assez bien…

  • D.P. Lettre du 13 novembre 1918

    Le 13 novembre 1918. Cher Parent, Deux mots très heureux d’avoir eu de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi il en est ainsi. Je crois que vous savez que la guerre est finie ou à peu près maintenant. Il y a du bon si je retourne une fois en perme la deuxième sera de longue durée mais il n’est pas trop tôt maintenant l’on se trouve heureux de ne plus rien entendre. Où nous sommes les civils ont beaucoup souffert avec les boches, ils en ont eu de la misère, ils sont tellement contents d’être délivrés que tout le monde vient nous chercher pour boire du café. Hier soir j’ai…

  • D.P. Lettre du 11 novembre 1918

    Le 11 novembre 1918. Cher Parent, Deux mots pour vous donner de mes bonnes nouvelles et je désire qu’il en soit ainsi de vous. A l’arrivée de ma lettre aujourd’hui je change d’endroit mais je ne sais pas où l’on va enfin je crois ou du moins je le souhaite que maman va beaucoup mieux. Je crois que le fin de la guerre ne sera pas longue à faire car l’on en parle fortement, quand le canon et la mitraille ne diront plus rien ce sera une bonne chose. Pellan ne doit pas tarder à revenir, vous me direz s’il a été chez nous et mon cousin, est-ce que vous…

  • D.P. Lettre du 5 novembre 1918

    Le 5 novembre 1918. Cher Parents, Deux mots très content d’être rendu à destination car j’en avais assez de courir, à part cela le voyage a été bon et la santé aussi. Je suis arrivé juste au même endroit où j’ai quitté dans un bois. Tous les copains disent que c’est l’affaire de quelques semaines pour la fin. J’en serai pas fâché car il y en a assez, la grippe a gagné pendant mon absence, il y en a un tiers à l’hôpital, l’on parle même de trois morts durant ma perme de cette maladie, c’est triste tout de même. J’ai vu Jouet et je lui ai donné son colis…

  • D.P. Lettre du 2 novembre 1918

    Le 2 novembre 1918. Cher Parent, Je suis en bonne santé et je désire que vous soyez de même. Le voyage a été très bon, pour l’instant je suis à Châlons sur Marne. Je repars sous peu pour finir le voyage. J’ai quitté Henri Salmon à Achères. A part cela rien de nouveau. Je vous écrirai un de ces jours. Je finis en vous serrant la main. Désiré Pambouc

  • D.P. Lettre du 12 octobre 1918

    Le 12 octobre 1918. Cher Parent, Deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles et je désire que vous soyez de même. J’ai attrapé la grippe plus ou moins mais j’étais malade comme un chien pendant quatre ou cind jours maintenant c’est dans les épaules et les reins que j’ai un peu mal mais je mange bien et je fais ma besogne. Je crois que sous peu je ne sentirai plus rien, il y en a beaucoup qui vont à l’hôpital pour cela il en part presque tous les jours, à part cela rien de nouveau. Pellan est à l’hôpital plus heureux que nous. Aujourd’hui l’on entends le…

  • D.P. Lettre du 6 octobre 1918

    Le 6 octobre 1918. Cher Parent, Deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi il en est ainsi. Je vous dirai que vous ne vous débrouillez pas car maman n’est pas forte, vous pourriez m’envoyez une dépêche je pourrai aller vous voir le restant, je m’arrangerai quitte que maman reste au lit, ça ne fait rien j’irai voir Marivin pour avoir un certificat, vous n’avez qu’à mettre la maladie sans mettre la grippe espagnole et le restant je m’en charge. Je me porte très bien ainsi que Pellan et Jouet. Je finis en pensant à vous, votre fils qui pense à vous. J’en attends une…

  • D.P. Lettre du 3 octobre 1918

    Le 3 octobre 1918. Cher Parent, deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi il en est ainsi et je désire que vous soyez de même. Je vois qu’il y a beaucoup de poilus en perme, je me demande comment que les permes ne marchent pas chez nous. Il est vrai que la D.I est engagée à l’heure actuelle c’est peut-être pour cette cause en attendant nous sommes toujours là. Il est vrai que nous n’avons pas l’occasion de nous plaindre car nous ne faisons rien du tout, vous m’annoncez beaucoup de vieillards de morts au pays , c’est tout de même ennuyeux de voir…

  • D.P. Lettre du 25 août 1918

    Le 25 août 1918. Cher Parent, deux mots pour vous donner l’état de ma santé qui est très bonne et je désire que vous soyez de même. Je crois que c’est aujourd’hui que Jouet vous quitte pour venir me rejoindre dans les bois, nous devons avancer demain matin. L’on va tout près de Nampcelle qui a été pris par la division ces jours derniers. A part cela rien de nouveau. Pellen, je ne peux vous dire où il est et ce qu’il fait puisque moi je suis en arrière avec le train réglementaire. J’espère que le battage va s’avancer puisque le beau temps continue toujours et que le blé noir…

  • D.P. Lettre du 24 août 1918

    Le 24 août 1918. Cher Parent, Deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles qui m’ont fait bien plaisir en vous sachant en très bonne santé tant qu’à moi il en est ainsi et je désire que ma lettre vous trouve de même. Je vas vous dire que j’ai encore eu une veine qui est incroyable. Je devais monter cette fois et j’ai réussi à resté en arrière. … les positions en attendant les zouaves qui arrivaient par derrière, les pauvres malheureux qui reviennent fatigués ou blessés ne sont pas reconnaissables tellement qu’ils ont de la fatigue et ce n’est pas fini. Je ne sais pas quand la…

  • D.P. Lettre du 18 août 1918

    Le 18 août 1918. Cher Parent, Deux mots très heureux de pouvoir vous donner l’état de ma santé qui est très bonne et je désire que vous soyez de même. Je vas vous annoncer que aujourd’hui j’ai été voir la tombe à Eugène Duclos le grand copain à mon cousin Armand Morfouasse tué à l’ennemi le 21 juin à Ressons-le-Long et enterré à Cuise-la-Motte. Je vas vous dire comment que je l’ai su : Un de ses anciens camarades, un breton du Finistère vient voir mon camarade de lit qui est son pays, il me demande d’où je suis alors je lui ai dit je suis de Mauron alors il…

  • D.P. Lettre du 1er août 1918

    Le 1er août 1918. Cher Parent, je vous écrive deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi la santé est excellente et je désire que vous soyez de même, je vois qu’il y a toujours quelques poilus au pays en perme, vous souhaiterez le bonjour à Mathurin Salmon de ma part ainsi qu’à ses parents et chez Guillotin. Il fait du temps superbe par ici, si ça continue par chez vous aussi vous pourrez ramasser la récolte dans de bonnes conditions. Je ne connais rien qui puisse vous intéresser. Je suis très tranquille pour l’instant c’est l’essentiel ainsi que Pellan et Jouet vous souhaitent le…

  • D.P. Lettre du 13 juillet 1918

    Le 13 juillet 1918. Cher Parent, C’est avec grand plaisir que je viens de recevoir de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi ils sont très bonnes aussi et je désire que vous soyez de même. Je vois qu’il y a quelques permissionnaires au pays vous voudrez bien me dire si Josselin Salmon y est et si il vous a donné le colis de tabac dont je lui ai donné lorsque je l’ai vu, vous lui souhaiterez bien le bonjour et vous lui direz que je suis dans la forêt de Villers-Cotterêts tout près du pays depuis quelques jours la pluie tombe depuis ce temps là je me sais si cette…

  • D.P. Lettre du 17 juillet 1918

    Le 17 juillet 1918. Cher Parent, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes et je désire que vous soyez de même. J’ai reçu votre lettre du 14 ce matin qui m’a fait bien plaisir de vous savoir en bonne santé et je suis très content de savoir que Joseph Salmon est en perme et qu’il vous a donné le vieux colis de tabac dont je lui avais donné, vous allez bien le remercier de ma part et lui payer un bon coup à boire j’espère qu’il vous a dit où j’étais au juste et vous pourrez lui dire que même peut-être cette nuit il y…

  • D.P. Lettre du 22 juillet 1918

    Le 22 juillet 1918. Cher Parent, Deux mots très heureux d’avoir de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi ils sont de même. Je pourrai vous dire que j’ai vu Gabriel Pellan voilà quelques jours, il se porte très bien, il était venu voir son cousin et il était parti il y avait un quart d’heure et nous sommes partis le lendemain à l’attaque qui s’est produit où nous sommes. Pellan a vu Eugène Perguis du 4ème zouave ainsi qu’Eugène Durox qui était dans le désert dans le temps et Mathurin Béance qui fait division avec nous. Je vois qu’il y a quelques permissionnaires au pays, pour moi je ne peux…

  • D.P. Lettre du 15 mai 1918

    Le 15 mai 1918. Cher Parent, Deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles pour moi ça va très bien aussi et je désire que vous soyez de même. J’ai reçu ce que vous avez donné à Pellan ainsi que la lettre et les cinq francs. Ce soir l’on embarque vers l’endroit qui chauffe. Je ne vous en mets pas davantage, je vas vous écrire un de ces jours. Je finis en pensant toujours à vous, votre fils qui ne vous oublie pas. Désiré Pambouc

  • D.P. Lettre du 8 mai 1918

    Le 8 mai 1918. Cher Parent, Deux mots, très heureux d’avoir reçu de vos bonne nouvelles tant qu’à moi la santé est très excellente et je désire que ma lettre vous trouve tous de même. Je vois qu’il vous a dit que j’étais en tranchée où je partais le voir même qu’il s’en allait et j’étais de retour le dimanche à lundi dans la nuit tout s’est bien passé. Le retour était très tranquille et ce matin l’on a voyagé mais l’étape n’était pas longue. Je ne sais pas dans quelle direction l’on se dirige, je vous le dirais plus tard, pour le colis que vous voulez donner à Pellan,…

  • D.P. Lettre du 12 mai 1918

    Le 12 mai 1918. Cher Parent, Je vous écrive deux mots pour vous donner l’état de ma santé qui est très bonne et je désire que vous soyez de même. Je vous dirai que Pellan ne doit plus être chez lui maintenant, je serai content qu’il arrive avant que l’on parte parce que l’on attend d’un jour à l’autre à embarquer et à prendre la direction que vous devez bien savoir sûrement qu’il n’y fera pas très bon mais enfin c’est une triste vie pour tout le monde sans savoir quand est-ce que ça finira. Aujourd’hui il tombe de l’eau, c’est du sale temps s’il faut voyager puisqu’on s’attend de…

  • D.P. Lettre du 12 mai 1918

    Le 12 mai 1918. Cher Parent, Deux mots très heureux d’avoir de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi elles sont très bonnes et je désire que vous soyez de même. Je crois que vous savez que Pellan est en perme. Il est parti le 27 avril au soir sûrement qu’il devait être très content de voir le vieux pays de Mauron depuis longtemps qu’il attendait sont tour, Jouet se porte toujours bien aussi, j’ai reçu des nouvelles de ma cousine Célestine hier. Je n’ai pas besoin d’argent, je vous le dirais lorsque j’en voudrais mais vous pouvez donner quelque chose à Pellan quand il reviendra. Chère sœur, je n’admets pas…

  • D.P. Lettre du 23 mai 1918

    Le 23 mai 1918. Cher Parent, Deux mots très heureux d’avoir de vos bonnes nouvelles pour moi la santé va bien aussi et je désiré que ma lettre vous trouve de même. Je vous dirai que j’ai reçu des nouvelles de Jouet et de Pellan, ils se trouvent dans les environs de Saint Pol, ils sont assez bien par là, je vois qu’il y a toujours quelques permissionnaires au pays ce qui fait toujours plaisir. Pour le colis il était très bon, j’ai commencé le beurre aujourd’hui, mon camarade en avait qui était plus vieux alors l’on a manger le sien en premier, il n’a pas trop fondu en route…

  • D.P. Lettre du 19 mai 1918

    Le 19 mai 1918. Cher Parent, Deux mots je suis en bonne santé et je désire que vous soyez de même. Je suis arrivé à destination il fait du beau temps, le soleil chauffe assez dur. Nous sommes ainsi du côté des anglais mais je ne sais si l’on va prendre les tranchées tout ça dépend ce que les boches vont faire, enfin l’on va attendre le moment. Pellan et Jouet je les ai vu, ils se portent bien. Je ne vois plus rien à vous dire. Je finis en pensant à vous. Votre fils qui ne vous oublie pas.