

Le 21 mai 1918.
Cher Parent,
Deux mots pour vous donner l’état de ma santé qui est très bonne et je désire que vous soyez de même. Je vous dirai que j’ai vu un copain de Mauron, il s’appelle Dupont le fils au charpentier de Calaha, il est marié à une fille Guillard à la ville, aligné depuis le mois de mars qu’il est à la division au cent dix huit d’artillerie. Hier nous avons été ensemble ainsi que Pellan et mon cousin et un Letournelle qui se trouve sur le route de Guilliers à Néant, l’on a bu un bon vieux coup de pinard ensembles, l’on est contents de voir des amis du pays de temps en temps. En ce moment il fait une chaleur qui fait beaucoup de bien à la récolte puisqu’il a tomber de l’eau la semaine dernière, l’ouvrage doit être en abondance surtout en ce moment où il n’y a plus d’ouvriers pour semer le blé noir et s’occuper de toutes les plantes. Pour le moment je suis assez tranquille à part que les boches viennent nous embêter avec leurs avions toutes les nuits et s’ils recommencent à attaquer comme ils l’ont fait depuis le 21 mars ça pourra changer car je suis depuis huit jours dans ce secteur, s’ils percent l’on nous jettera sûrement là dedans comme l’on a fait déjà mais l’on ne s’en fait pas pour ça, c’est la guerre. J’espère que vous savez que Henri Pellan est blessé à la jambe droite mais je crois qu’il est assez bien puisque ce n’est pas lui qui a écrit à son frère, c’est un de ces un de ces copains mais il ne donne pas de détails peut-être qu’il en donnera un de ces jours. Je finis en espérant que ma lettre vous trouvera en bonne santé et en pensant toujours à vous.
Votre fils qui ne vous oublie pas et qui ne cesse de penser à vous.
Désiré Pambouc