

Le 19 juin 1918.
Cher Parent,
Deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi il en est ainsi et je désire que ma lettre vous trouve de même. Je vois que le pauvre malheureux Eugène Guillon de Penguily a été tué, c’est bien triste depuis le début qu’il y est sans avoir rien eu. Je pense qu’on va tous y passer si ça dure encore longtemps. Je vois que le pauvre Léon Godreul n’a pas écrit, je savais qu’il avait quelque chose, il doit sûrement être prisonnier ou rester sur le champ de bataille, pour être certain où il est, s’il a écrit chez eux, je va leur demander ce qu’il devient. Je va vous dire que le pauvre Joseph Jouet est bien embêté, la réquisition a passer par chez eux et a prit leur meilleur cheval, les voilà qui en ont plus qu’un, ils se demandent comment qu’il vont faire à ramasser toute la récolte et surtout à l’hiver il voudrait bien aller en perme pour en acheter un et vous souhaite un grand bonjour. J’ai passé toute la soirée avec lui.
Votre fils qui pense à vous.