

Le 17 juin 1918.
Cher Parent,
Deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles pour moi il en est de même et je désire que ma petite lettre vous trouve dans les mêmes conditions qu’elle me quitte. Je vous dirai que j’ai attaqué le 11 et le 13, je vous assure que l’on a peur de prendre quelque chose, il y a hors de combat des tués et blessés plus de cinquante pour cent et puis nous avons quitté aussitôt pour avoir du renfort et maintenant on est pour recommencer un de ces jours tant qu’il en restera un, ils les mèneront à la boucherie. Je vous demanderai si vous savez ce que devient Raymond Godreul car tous les régiments dont il a fait partie sont en partie fait prisonnier ou esquintés que j’ai entendu dire. C’est effroyable ce qu’ils ont ramassé. Je vois que les parisiennes ne peuvent plus vivre dans leur ville, elles sont bien contentes de retourner dans la cambrousse pourtant ce n’est plus la même vie. Ils ne trouveront plus de Poilus pour les accoster comme sur les boulevards. Vous me dîtes que mon conscrit est prisonnier, je crois qu’il doit y en avoir beaucoup à ramasser à la dernière offensive voilà huit jours que je n’ai reçu aucune nouvelles.
Je ne connais plus grand chose à vous dire, je finis en pensant toujours à vous.
Votre fils, Désiré Pambouc