Le 19 novembre 1916. Bien cher Parent, Je vous écris deux mots pour vous remercier de vos dix francs que vous m’avez envoyés. Je suis toujours en bonne santé et je désire que vous soyez de même. Je vous écris cette lettre au son des cloches qui sonnent les vêpres… J’aime beaucoup mieux me reposer en place que d’aller d’un côté ou de l’autre pour les trois francs que vous m’avez donnés. Vous me dîtes que papa travaille à la métairie, il n’a pas encore trop loin à aller, c’est une bonne chose comme ça. Il est toujours avec la servante à l’Ange Guillotin lorsque j’y étais mais je crois…
-
-
Joseph AMIAUX – 2 novembre 1916
Verdun (Marne), le 2 novembre 1916. Chère mère, Aujourd’hui j’ai reçu une lettre d’Eugène me disant qu’il a eu deux jours pour le Toussaint. J’avais écris à Eugène Lemoine mais ma lettre est revenue portant l’indication qu’il était parti en renfort au 294è. Il n’a pas tardé sans allé voir les boches et quand on disait que la classe 17 n’allait jamais au front. Pourtant bon nombre de Poilus de de ma classe sont déjà en tranchées. A un de ces jours, ton fils qui t’embrasse ainsi qu’Aline. Joseph
-
Joseph AMIAUX – 26 mars 1916
Versailles, le 26 mars 1916. Chère mère, Déjà un mois que j’étais au pays et dans quelques jours ça va déjà faire 3 mois au commencement de cette année. Aujourd’hui il fait un froid de chien et il ne va pas faire beau à sortir. La charcuterie était tout à fait bonne et je te remercie beaucoup. Mon beurre, je ne l’ai pas encore touché. Je ne vois plus rien à te raconter, je termine ma carte en l’embrassant de tout cœur. Ton fils qui t’aime. Joseph
-
Joseph AMIAUX – 24 mars 1916
Versailles, le 24 mars 1916. Chère Grand-mère, Je suis toujours bien et j’espère qu’il en est de même pour toi. Aujourd’hui il fait froid, la neige est tombée ce matin mais elle a fondu. Maintenant je ne suis pas foulé d’ouvrage il n’y a pas que le matin que je ??? sans cela l’après-midi au lieu d’aller faire des tranchées et compagnie au camp je vais jouer du clairon, nous sommes 12 et nous ne sommes pas les plus malheureux. Chère Grand-mère je termine en t’embrassant de tout cœur. Ton petit fils qui t’aime. J. Amiaux
-
Joseph AMIAUX – 23 mars 1916
Versailles, le 23 mars 1916. Cher Frère, Quelques mots pour te dire que je suis en bonne santé et je pense qu’il en est de même. Aujourd’hui il fait froid et un temps brumeux. La voiture que je t’envoie en photo, je l’ai vu l’autre dimanche, je t’assure que ça vaut le coup d’œil. Je ne vois plus rien à te raconter, je termine en t’embrassant de tout cœur. Ton frère qui pense à toi et qui pense te revoir à Pâques. Joseph.
-
Joseph AMIAUX – 19 mars 1916
Versailles, le 19 mars 1916. Cher Frère, Aujourd’hui il a fait un temps superbe, il a fait beau. Je me promène dans le parc. Il y a eu du changement depuis au pays ; dire que j’étais à l’assemblée à la ville Jaudoin. J’ai reçu ta lettre ainsi que toutes vos correspondances. Cher frère, je termine en t’embrassant bien fort. Ton frangin qui pense à toi. Joseph
-
Joseph AMIAUX – 17 mars 1916
Versailles, le 17 mars 1916. Chère sœur, Je suis bien et je pense qu’il en est de même pour toi. Je t’écris cette carte avant d’aller à l’exercice, on se lève vers 6 heures et comme ça on a le temps de faire son boulot. Tu souhaiteras le bonjour quand tu iras là-haut ainsi qu’aux voisins. Aujourd’hui le temps à l’air de se remettre à la pluie et il va être beau, au camp on va avoir de la boue jusqu’aux genoux. Je ne vois plus rien à te raconter, je termine en t’embrassant bien fort. Ton frère qui pense à toi très fort. Joseph
-
Joseph AMIAUX – 2 février 1916
Versailles, le 2 février 1916. Chers parents, Encore quelques mots pour donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes et quant à vous j’espère qu’il en est de même. Quant à la permission pour les noces d’Eugène, il ne faut pas y compter. J’ai reçu une lettre de tonton Jean-Baptiste et il me dit qu’il est inscrit au tableau pour la médaille. Par ici c’est toujours la même chose et je ne suis pas malheureux, on a à manger à discrétion et l’après-midi 1/4 de thé lorsqu’on est à faire l’exercice, le midi 1/4 de vin ou de cidre et le soir de l’eau. Pendant les repas, on passe voir…
-
Joseph AMIAUX – 4 février 1916
Versailles, le 4 février 1916. Chère sœur, J’ai reçu ta carte et je suis content de recevoir de tes nouvelles. Écrivez moi le plus souvent possible, moi j’écris tous les jours. En même temps quand vous m’envoyez ce que je demande, envoyez moi du cirage au loin noir car il est cher par ici et 2 papiers de feuilles à cigarettes. Je fais laver mes treillis car c’est mieux que de faire sécher, maintenant s’ils ne sont pas prêts on se fait attraper. Je ne vois plus rien à te dire, je termine en t’embrassant bien fort et ainsi que toute la famille. Ton frère qui pense à toi. J.…
-
Joseph AMIAUX – 4 février 1916
Versailles, le 4 février 1916. Cher frère, Je t’écris cette carte couché sur mon lit et je t’assure que s’il avait fallu faire ça dans le civil, ah quel métier de fainéant une fois le boulot finit. On est tout le temps sur son lit, c’est vrai qu’il sert de chaise. Nous allons être vacciné contre la typhoïde et j’en donnerai les résultats si tu seras par ici. Tu serais étonné de voir tant d’aéros, d’autos et on voit des dirigeables bien souvent. Continue à te mettre à revoir les clients et pour quand je reviendrai de faire mon temps, tu serais à l’habitude. Reçois de ton frère un gros…
-
Joseph AMIAUX – 5 février 1916
Versailles, le 5 février 1916. Chère Grand-mère, J’ai fait un très bon voyage pour Versailles, cela m’a semblé drôle de reprendre la vie de caserne. Eugène et sa jeune femme ont eu le temps de s’ennuyer à Ploërmel, leur train ne partait qu’à 2 heures et ils sont venus à la gare avec moi. En arrivant, c’est-à-dire samedi j’ai été vacciné pour la 4ème et dernière fois et je t’assure que j’en suis bien content et je n’ai rien eu à part une légère douleur à l’épaule. Aujourd’hui dimanche il faut rester couché sur son lit et ce n’est guère agréable quand on n’est pas malade. En t’embrassant bien fort, ton petit-fils…
-
Joseph AMIAUX – 5 février 1916
Versailles, le 5 février 1916. Chère sœur, Je t’écris cette carte ; il est bientôt 10 heures et je viens de me lever et toute la journée, il faut qu’on se couche ou se jeter sur son lit. L’? est terminée et j’en suis bien content cette fois ci. Je n’ai rien eu non plus sauf une légère douleur à l’épaule. Aujourd’hui, nous avons eu moins de neige et si la terre avait été glacée; il aurait eu autrement. Ce matin, nous avons eu comme casse-croûte, un petit morceau de pâté de foie ; c’est sans doute parce que c’est dimanche et qu’on ne sort pas. Nous allons changer de…
-
Joseph AMIAUX – 14 février 1916
Versailles, le 14 février 1916. Chers parents, Je suis toujours bien et j’espère qu’il en est ainsi pour vous. Aujourd’hui, nous avons encore de la pluie et ce soir, il pleut encore ; décidément, le temps est parti à la flotte. Nous sommes encore consignés jusqu’à vendredi soir à cause de ce maudit vaccin. Nous allons être repiqués mercredi, deux autres fois encore et ce sera fini vers la fin du mois car c’est une fois par semaine. Ne m’envoyez pas ce que je vous avais demandé car on n’a pas le droit à manger le jour et le lendemain du vaccin. C’est absolument défendu car on pourrait en mourir…
-
Joseph AMIAUX – 17 février 1916
Versailles, le 17 février 1916. Chers parents, Ce matin, ça va pas mal, ça va mieux que pour la 1ere piqûre mais c’est également l’épaule qui s’en ressent. Maintenant, je vous avais dit de ne pas envoyer le pâté avant la fin de la vaccination ; mais vous pouvez l’envoyer dès que vous trouverez du lard et par là même, vous pourrez m’envoyer du chocolat, ça fait un grand bien avec un bon bout de pain quand on est à faire l’exercice. Mais ce qui me ferait plus plaisir encore à avoir une bonne barrique de cidre mais inutile ; il n’y a pas moyen. Là, il ne veut que…
-
Joseph AMIAUX – 20 février 1916
Versailles, le 20 février 1916. Chère sœur, Je suis toujours très bien malgré que je sois un peu enrhumé et j’ai acheté des pastilles, je n’ai pas eu de veine car le porte-monnaie que j’ai acheté avant de partir est manqué. Je vais être obligé d’en acheter un et j’ai perdu 2 jours à acheter tout ce qu’il faut pour s’entretenir. Le matin la soupe n’est plus bonne alors on achète du pain à la cantine. Le pognon commence à manquer. Il me reste encore 6 francs. Ton frère J. Amiaux.
-
Joseph AMIAUX – 23 février 1916
Versailles, le 23 février 1916. Chers Parents, Nous avons été piqués ce matin mais pendant ce temps on se serre la ceinture, rien que sa part de soupe et pas beaucoup de pain et plus ça va et plus la dose de … est forte. J’ai reçu une lettre d’Alexis Guillemaud, une d’Aline et une de Lucien Marsac. Je termine en vous embrassant bien fort. Votre fils Joseph. L’épaule commence à me faire mal.
-
Joseph AMIAUX – 17 mars 1916
Versailles, le 17 mars 1916. Chère sœur, Je suis bien et je pense qu’il en est de même pour toi. Je t’écris cette carte avant d’aller à l’exercice, on se lève vers 6 heures et comme ça on a le temps de faire son boulot. Tu souhaiteras le bonjour quand tu iras là-haut ainsi qu’aux voisins. Aujourd’hui le temps à l’air de se remettre à la pluie et il va être beau, au camp on va avoir de la boue jusqu’aux genoux. Je ne vois plus rien à te raconter, je termine en t’embrassant bien fort. Ton frère qui pense à toi très fort. Joseph
-
Joseph AMIAUX – 19 mars 1916
Versailles, le 19 mars 1916. Cher Frère, Aujourd’hui il a fait un temps superbe, il a fait beau. Je me promène dans le parc. Il y a eu du changement depuis au pays ; dire que j’étais à l’assemblée à la ville Jaudoin. J’ai reçu ta lettre ainsi que toutes vos correspondances. Cher frère, je termine en t’embrassant bien fort. Ton frangin qui pense à toi. Joseph
-
Joseph AMIAUX – 23 mars 1916
Versailles, le 23 mars 1916. Cher Frère, Quelques mots pour te dire que je suis en bonne santé et je pense qu’il en est de même. Aujourd’hui il fait froid et un temps brumeux. La voiture que je t’envoie en photo, je l’ai vu l’autre dimanche, je t’assure que ça vaut le coup d’œil. Je ne vois plus rien à te raconter, je termine en t’embrassant de tout cœur. Ton frère qui pense à toi et qui pense te revoir à Pâques. Joseph.
-
Joseph AMIAUX – 26 mars 1916
Versailles, Le 26 mars 1916. Cher frère, Aujourd’hui il a fait mauvais temps, je pensais aller voir François Poirier mais il a fait trop vilain temps et je t’avoue que j’ai fait mes commissions et vite. Reçois de ton frère un bon baiser. Joseph Amiaux
-
Joseph AMIAUX – 26 mars 1916
Versailles, le 26 mars 1916. Chère mère, Déjà un mois que j’étais au pays et dans quelques jours ça va déjà faire 3 mois au commencement de cette année. Aujourd’hui il fait un froid de chien et il ne va pas faire beau à sortir. La charcuterie était tout à fait bonne et je te remercie beaucoup. Mon beurre, je ne l’ai pas encore touché. Je ne vois plus rien à te raconter, je termine ma carte en l’embrassant de tout cœur. Ton fils qui t’aime. Joseph
-
Joseph AMIAUX – 3 avril 1916
Versailles, le 03 avril 1916. Chère sœur,Pour le moment ça va tout à fait bien et j’espère qu’il en est de même pour toi ainsi qu’à la maison et grand mère comment va-t-elle maintenant.Aujourd’hui nous avons eu la chemise mouillée je t’assure avec le sac sur le dos toute la matinée et demain encore 20 km à faire avec ça tout le temps. Les premiers temps ça tire sur les épaules mais maintenant on commence à être à l’habitude.Voilà 3 mois de service dans 4 jours. Et quand la fuite je n’en sais rien. D’après ce qu’on dit on ne resterait pas à Versailles on irait au camp une fois…
-
Joseph AMIAUX – 12 avril 1916
Versailles, le 12 avril 1916. Chère sœur,C’est avec plaisir que j’ai reçu ta lettre hier soir ; ça fait plaisir de recevoir des nouvelles de son pays. Aujourd’hui, j’ai entamé une boite de pâté ; il est très bon mais je le ménagerai. J’ai bien de tout dans mon colis mais les pastilles ; j’en ai de quoi en manger 4 ou 5 et c’est tout. Le prochain colis ; autant que possible, l’entourer entièrement de toile ou de petites planchettes, mais ne pas envoyer la montre dedans comme je l’ai déjà dit, car elle serait cassée et il n’y a pas d’horloger dans le patelin ; le plus près…
-
Joseph AMIAUX – 11 juillet 1916
Versailles, le 11 juillet 1916, Chère mère, Je suis toujours bien et je désire de même pour toute la famille. Aujourd’hui il y a encore la revue par le général, cela commence à être ennuyeux. Il y a eu une conférence au sujet des prisonniers. L’on nous a toujours recommandé que si on était fait prisonnier un jour viendra d’enlever nos écussons car les boches ne font pas de quartier surtout avec les sapeurs du 1er Génie ou les compagnies du gaz. Rien d’autre chose pour le moment. Je termine en t’embrassant bien fort ainsi qu’Aline et Eugène. Ton fils qui t’aime pour la vie. Joseph.
-
Joseph AMIAUX – 20 juillet 1916
Versailles, le 20 juillet 1916. Chère mère,Je suis toujours bien et je désire qu’il en est de même pour toi ainsi que toute la famille.C’est dimanche matin à 9h1/4 que nous prenons le train. Comme peine avant notre départ on a eu que 24h d’accordés comme ça je n’ai pas pu m’en aller mais j’espère qu’étant au front je pourrais revenir en 6 jours. Aujourd’hui nous n’avons rien fait nous sommes tous prêts à partir. Le sac monté complètement et les cartouches nous les toucherons sans doute que le matin du départ. Je termine en t’embrassant bien fort, ainsi qu’Eugénie et Aline.Comme vivres pour 2 jours nous avons une petite…