Correspondances de poilus 1914-1918

D.P. Lettre du 28 juin 1918


Le 28 juin 1918.

Cher Parent,

Deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles tant qu’aux miennes elles sont de même. Je vois que le pauvre Léon Godreul n’écrit plus, j’ai écris chez eux pour leur demander ce qu’ils devenaient, je regrette maintenant parce qu’ils ont assez de peine sans doute mais je souhaite qu’il soit prisonnier et non resté sur le terrain, ça m’inquiète beaucoup car nous étions de grands copains. Quelle triste vie que l’on passe en ce moment et moi quelle veine j’ai eu d’aller où je suis, c’est peut-être cela qui fera mon bonheur. En ce moment je n’ai presque rien à faire . Je lave comme je vous l’ai dit pour les copains et dans deux jours je pourrai dire dans quatre heures j’ai gagné cinq francs soixante quinze et aujourd’hui encore dix francs mais il ne faut pas avoir la fainéantise comme tous l’on au régiment à la place de dormir l’après-midi. Je m’en vas au lavoir et je fais mes petits frais. Je ne peux vous donner des nouvelles de Jouet ni de Pellan, l’on est séparés mais pas pour longtemps, il ne fait pas de pluie pourtant la terre en demande, en ce moment il y a beaucoup de copains qui s’en vont pour se marier puisqu’ils ne voient pas la guerre finir.

Je ne connais plus grand chose à vous dire. Je finis en pensant toujours à vous.

Votre fils, Désiré Pambouc