

Le 7 juin 1918.
Cher Parent,
Deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi la santé va très bien aussi et je désire que vous allez de même. Vous me parler qu’il y a des copains en perme, je crois que vous n’êtes pas près d’en revoir car ils sont arrêtés. Je crois même vous l’avoir dit, il y aura juste les gens des dépôts mais il faut espérer qu’ils reprendront sans tarder si ça ne va pas trop mal. Je suis assez bien pour l’instant, je ne sais pas si ça va continuer, hier on a montés très près des lignes et ce matin l’on a reculé mais Pellan et Jouet sont restés, ils sont dans un bois. Je peux vous dire que si vous voyez les villages qui ont été gaspillés par les Français après que les gens ont été sauvés, c’est honteux, les armoires ouvertes et vidées et toute la vaisselle brisée, c’est bien pire que la retraite d’il y a quatre ans, c’est qu’il restait du vin après qu’ils ont un bon coup et fini les tonneaux à courir les caves en ce moment. Je suis dans les environs où les boches ont avancé dernièrement. Je ne vois plus grand chose à vous dire aujourd’hui, ce n’est pas la peine de m’envoyer du papier dans les lettres puisque j’en ai bien assez. Je finis en pensant toujours à vous.
Désiré Pambouc – Aisne