

Le 2 juin 1918.
Cher Parent,
Deux mots pour vous donner l’état de ma santé qui est très bonne et je désire que ma lettre vous trouve de même. Je vous écrive ce soir pour vous prévenir si des fois vous êtes quelques jours sans nouvelles, il ne faudra pas trouver ça drôle car l’on doit voyager dans la direction qui va si mal, l’on selle la jument noire demain soir. Je crois qu’il n’y fait pas bon et il doit encore en avoir de tomber du pays malheureusement, enfin j’ai espoir de la fin de la guerre cette année mais qui ne sera pas à notre avantage mais pourvu que j’ai ma peau c’est essentiel. Le reste m’est bien égal. J’ai reçu des nouvelles du cousin, il doit être sûrement de ce côté aussi, si c’était permis je pourrais vous dire où ils sont rendus mais je ne le peux pas, mais c’est effroyable l’avance qu’ils ont fait en si peu de temps.
Je ne vois plus rien à vous dire pour l’instant, je finis en pensant toujours à vous.
Désiré Pambouc