

Le 12 mai 1918.
Cher Parent,
Je vous écrive deux mots pour vous donner l’état de ma santé qui est très bonne et je désire que vous soyez de même. Je vous dirai que Pellan ne doit plus être chez lui maintenant, je serai content qu’il arrive avant que l’on parte parce que l’on attend d’un jour à l’autre à embarquer et à prendre la direction que vous devez bien savoir sûrement qu’il n’y fera pas très bon mais enfin c’est une triste vie pour tout le monde sans savoir quand est-ce que ça finira. Aujourd’hui il tombe de l’eau, c’est du sale temps s’il faut voyager puisqu’on s’attend de partir d’un moment à l’autre. en ce moment vous devez engranger car le blé noir est semé et le travail ne doit pas manquer. Je ne vois plus rien à vous dire. Je finis en pensant toujours à vous.
Votre fils qui ne vous oublie pas. Lorsque Pellan sera arrivé vous me le direz.