Correspondances de poilus 1914-1918

D.P. Lettre du 15 janvier 1918


Le 15 janvier 1918.

Cher Parent,

Deux mots pour savoir l’état de votre santé pour moi elle est très bonne et je désire que vous soyez de même. Je vas vous dire que je suis dans un pays où il y a une Mauronnaise, c’est la cousine germaine à Joseph Pinsard du champ de foire. J’ai été pour la voir dimanche et elle n’était pas là. Elle était en balade. Elle vend du cidre qu’elle fait venir de Normandie à 0,60 franc le litre. Pellan et Jouet étaient avec moi, je vous dirai que ma cousine Célestine m’a écrit hier et elle me dit qu’elle à vu papa mais elle ne me raconte pas grand chose. Je vous dit que je suis au repos tranquille mais je ne pense pas rester longtemps mais ce sera toujours ça de pris. Il fait un sale temps, un jour il gèle, un jour il neige et l’autre ça dégèle et toujours la même chose mais il y en a eu tellement épais que le dessus reste gelé. Je vous écrit en attendant les lettres, peut-être que vous en recevrez. Soyez tranquilles je suis bien en ce moment. Je mande toujours chez des civils, ils nous en mettent jusqu’à des briques chaudes sous les pieds parce que les planchers sont cirés et il faut se déchausser. Ils sont très aimables ce n’est plus les boches de la Meuse.

Je ne vois plus rien à vous dire pour le moment. Je finis en pensant bien à vous. Votre fils qui vous embrasse de loin en attendant de le faire de près.

Désiré Pambouc.