Correspondances de poilus 1914-1918

Lettre du 19 juillet 1915


19 juillet 1915.

Chers Parrain et Marraine, Quelques lignes seulement, je suis toujours en bonne santé. Je pense que vous êtes tous de même, je suis toujours à Saint Renan. Je pense qu’on ne va pas tarder à partir, mais le jour n’est pas encore fixé ; pour l’instant je ne m’en fait pas. J’ai reçu des nouvelles de mon cousin ; en bonne santé. Je pensais lui répondre, il a probablement oublié de me donner son adresse. Vous serez bien aimables de me répondre au plus vite en me donnant son adresse si vous l’avez. Il part encore un détachement un détachement demain mercredi. Je ne sais pour quel endroit mais Eugène est du côté d’Arras. Il a fait un bon voyage et a vu de jolis pays. Il est ordonnance d’un lieutenant. Voilà au moins 6 semaines que je n’ai rien reçu de lui. Je me demande ce qu’il devient.. j’espère qu’il m’écrira un jour ou l’autre. Je suis chargé de compagnie 24ème – 6ème escouade. On a fait un beau 14 juillet : Apéritif, soupe grasse, ragout aux petits pois, pâté de conserve, rôti aux patates, dessert, salade et confiture, un quart de vin, quelques chansons ont été dansées, ça a duré environ 2 heures, ça s’est très bien passé, vivement que la guerre finisse et qu’on fête l’année prochaine ensemble encore mieux pour l’instant pour me distraire je vais à la pêche tous les soirs. Hier soir j’ai pris des anguilles. On demande des mitrailleurs la prochaine fois, peut-être je demanderai si l’occasion se présente, cela me ferai aller au camp de Coëtquidan. Je reçois assez souvent des nouvelles d’Auguste Mouraud qui est aussi à Arras. Il est de la ville Cognac, on a eu la visite du général lundi matin, on doit se faire vacciner peut-être aujourd’hui, ce sera la 4ème fois. Rien d’autres choses à vous dire pour l’instant. Votre filleul qui vous embrasse. Eugène, en attendant le plaisir de vous rejoindre tous au plus tôt. Vivement la victoire et la guerre finie.