

Le 9 janvier 1918.
Chers parents,
Deux mots, très heureux de pouvoir vous écrire ; je suis en bonne santé et je désire que vous soyez de même. je pense que vous trouvez le temps long mais il ne faut pas vous en faire. Je suis en repos. Je suis parti le premier jour du mois et nous sommes arrivés le sept où nous nous trouvons maintenant s’appelle la Haute Marne. le pays que vous ne connaissez pas ; enfin je veux dire qu’il … pour Pellan pour sa croix de guerre. je pense qu’il paiera son litre. Je suis chez des braves gens, je mange chez eux. Ils nous lavent toutes nos gamelles et l’on peut venir se chauffer, c’est déjà le principal. Maintenant, je vous dirai qu’il faut , si vous le pouvez, mettre du cidre bouché, quelques bouteilles pour que j’en boive un vieux coup et que j’en apporte un peu pour mes camarades pour goûter. Ils n’ont qu’à l’envoyer chez Pierre Salmon et il comprendra ce que je veux leur dire. Marie Daniel m’a écrit hier et elle m’invite à manger lorsque j’irai en permission mais ce n’est pas la peine parce que je m’invite seul le dernier coup en partant. j’ai encore été la voir et boire un vieux coup ; comme c’est l’habitude. j’ai vu aussi la fille Chevalier du Plessis et Marie Rose Maurice ; tout ça, c’est des filles de Mauron. Jouet se porte toujours bien et pense aller en perme bientôt. Je ne vois plus rien à vous dire pour aujourd’hui ; je finis en pensant à vous
Votre fils qui pense à vous. je ne veux pas d’argent mais si des fois vous trouvez du beurre, ce serait ce qui fait le plus de profit car tout est cher et l’on ne trouve rien, même pas de pain à acheter celui qui n’en a pas assez, mais j’en ai toujours assez Dieu merci.