Correspondances de poilus 1914-1918

D.P. Lettre du 17 juillet 1918


Le 17 juillet 1918.

Cher Parent,

Deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes et je désire que vous soyez de même. J’ai reçu votre lettre du 14 ce matin qui m’a fait bien plaisir de vous savoir en bonne santé et je suis très content de savoir que Joseph Salmon est en perme et qu’il vous a donné le vieux colis de tabac dont je lui avais donné, vous allez bien le remercier de ma part et lui payer un bon coup à boire j’espère qu’il vous a dit où j’étais au juste et vous pourrez lui dire que même peut-être cette nuit il y a un grand coup qui va être donné où je suis maintenant et nous devons y aller à moins contrordre mais il ne faut pas vous en faire pour moi. Je suis heureux de savoir que mon copain Léon est prisonnier malheureusement mais ses parents peuvent tout de même avoir espoir dans lui à moins qu’il lui arriverait quelque chose mais enfin je ne l’espère pas. Je pourrai vous dire qu’il y a cinq minutes je viens de boire un coup avec Jouet et Pellan les grands copains du vieux pays de Mauron et de raconter se qui se passe, j’ai vu le bulletin et j’ai vu la citation de Léon Godreul mais ses deux jours de perme il les a passé en Allemagne mais si vous avez l’occasion de voir son frère vous lui souhaiterez le bonjour et lorsqu’il écrira à Léon il en fera autant pour faire plaisir à mon parrain, vous pourrez lui donner un peu de tabac si ça vous fait plaisir. J’ai reçu vos cinq francs et vous remercie beaucoup. Je ne vois rien à vous dire, je finis en pensant à vous. Votre fils, Désiré Pambouc.

Je vous envoie cette lettre par un copain qui vat en perme car les lettres sont stoppées pour huit jours.