Correspondances de poilus 1914-1918

D.P. Lettre du 13 juillet 1918


Le 13 juillet 1918.

Cher Parent,

C’est avec grand plaisir que je viens de recevoir de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi ils sont très bonnes aussi et je désire que vous soyez de même. Je vois qu’il y a quelques permissionnaires au pays vous voudrez bien me dire si Josselin Salmon y est et si il vous a donné le colis de tabac dont je lui ai donné lorsque je l’ai vu, vous lui souhaiterez bien le bonjour et vous lui direz que je suis dans la forêt de Villers-Cotterêts tout près du pays depuis quelques jours la pluie tombe depuis ce temps là je me sais si cette pluie est de même par chez nous il ne fera pas de mal au blé noir mais elle tombe trop dur pour de gros grains. Je vas vous dire ce que j’ai comme toiture, j’ai une toile de tente et comme sommier une poignée de fougères et de brins de paille moisie, voilà ce que l’on a heureusement que l’eau ne tombe pas sur notre figure ni ne court pas sous nous l’on se trouve encore heureux. Je vois que le bois n’est pas bon marché lorsqu’il faut acheter une paire de bois il faut 4 francs 50, il faut travailler plusieurs jours dans ce sale pays de Mauron pour gagner cela, j’en ai jamais vu un pour payer l’ouvrier un plus bas prise que celui-là que celui qui n’a rien et qui est jeune il a un grand tort d’y rester surtout s’il est débrouillard un peu. Je ne vois plus rien à vous dire, je finis en pensant toujours à vous. J’ai oublié de vous dire qu’on a fait la fête Jouet Pellan et moi, c’était la sainte Eugénie alors Pellan a payé à boire un vieux coup, tout ça passe le cafard, il se porte très bien et vous souhaite le bonjour.

Votre fils Désiré Pambouc.