Verdun (Marne), le 29 septembre 1916.
Cher frère,
J’ai reçu ta carte et je t’en remercie beaucoup car je n’avais rien reçu depuis que j’étais parti. Tu me demandes si j’ai pu le manger ; oui et il était bon mais ce n’est pas moi qui l’ai mangé tout car je partage avec Gardahaut et Kersioux. Ce matin, nous avons été au tir mais tu parles d’un temps ; nous avons été trempé jusqu’aux os et hier, c’était de sueur jusque mon pantalon car au lieu de nous faire 4 kms de moins ; ils nous ont amené dans un patelin où ça montait comme la butte ; on n’en pouvait plus quand nous sommes arrivés. Je crois qu’ils doivent faire la liste de tous les permissionnaires pour le 1er octobre et qu’elles commenceront vers le 23, mais il ne faudra pas compter avant la fin novembre.
Ton frangin.