Broussy-le-Petit (Marne), le 1er septembre 1916.
Chère Mère
Je suis toujours bien et je désire qu’il en est de même pour toi. Hier nous avons été en marche et nous avons passé dans le pays que je t’envoie. Je t’enverrai où nous avons arrêter pour camper et t’assure qu’on était bien las quand nous sommes arrivés mais ça ne nous empêche pas de nous amuser jusque 11h ou minuit après la marche faite on ne pense plus dans la fatigue qu’on a enduré. Ce soir nous devons aller coucher dans les tranchées tu vois que nous allons avoir un bon sommier et les petits crapauds qui sont dans le fond vont nous désennuyer à nous passer sur la figure on ne s’en fait pas du tout pour cela. J’ai reçu une lettre de Feuillafée il se trouve dans la Somme il a rencontré A. Lorand, Emile ?Elie? et des gars de Plumieux. J’ai appris que ?Jois Marsue? était mort ça me fait de la peine car il m’écrivait tout le temps c’est Nini Herve qui m’a dit cela. D’après les cartes tu vois que je suis dans un pays où il y a de gentilles maisons depuis deux ans.
Je termine en t’embrassant de tout cœur ainsi qu’Eugène et Aline.
Ton fils qui t’aime.
Joseph
Conserve toutes ces cartes car si j’ai le bonheur de revenir au pays ça me rappellera le début de ma campagne.