Verdun (Marne), le 19 septembre 1916.
Chère sœur,
Je suis toujours bien et je désire qu’il en est de même pour toi. ça ne vaut pas il y a 8 jours ; la vie n’est pas si agréable encore aujourd’hui ; la pluie tombe et on est trempé et c’est dégoutant de travailler en tranchée de ce mauvais temps et ce qu’il y a ; il faut avoir les souliers propres le matin. Pour sortir dans un trou comme là ; il faut avoir le ceinturon comme à Versailles. Dimanche, on voyait des projecteurs qui fouillaient le temps pour découvrir des taules qui ont survolé Reims et qui ont tué des civils. Où j’étais dans le village d’avant ; il y a encore une compagnie du 1er d’arriver de dimanche. La mère d’Hermine m’avait dit qu’elle est employée au comptoir national d’escompte. Je t’assure que pour la prochaine perme ; je passerai plusieurs jours de plus car il n’y a rien à craindre et je pense bien, dans trois mois au moins car voilà déjà 2 mois de faits. ça fait du bien une bonne perme comme ça le lendemain de l’arrivée, on a un peu le cafard mais ça passe vite. Á bientôt de tes nouvelles. Ton frangin qui t’embrasse de tout cœur.
Joseph.
