
Eugène Badouel à M. Amiaux Joseph
Chers Parrain et Marraine,
Deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes pour le moment. Je suis embarqué à bord du Carnot et je me plais assez bien. Pour l’explosion du Iéna, je me trouvais à pas plus de 200 mètres et je vous assure qu’il n’y faisait pas beau. On voyait les corps des officiers et des marins sauter par morceaux plus haut que la mâture du navire et après l’explosion, les marins survivants ramassaient les morceaux de chair sur le pont dans des sacs. Je ne vois rien d’autres choses à vous raconter pour le moment. Votre filleul qui vous aime toujours.
Eugène Badouel à bord du Carnot. Toulon, Var.