Les femmes du pays de Ploërmel dans la tourmente
Reviendras-tu ?
Dans les villages et les hameaux du pays de Ploërmel, la Grande Guerre a laissé une empreinte profonde et silencieuse. Quand les hommes furent appelés au front, ce sont des familles entières qui virent leurs vies basculer. Chaque foyer avait un père, un fils, un frère, un oncle parti loin, vers l’inconnu des tranchées.
Pour ceux qui restaient, l’attente devint une épreuve quotidienne. Les femmes, seules face aux travaux des champs et à la charge des enfants, trouvaient la force de continuer, même lorsque le cœur était lourd d’inquiétude. Les enfants grandissaient trop vite, entre l’absence des hommes et la peur de ne jamais les revoir.
Les lettres, écrites parfois à la lueur d’une bougie au fond d’une tranchée, devenaient des trésors. Chaque mot apportait un souffle de vie, une preuve que, là-bas, au milieu du fracas des armes, leur chers pères, fils ou maris pensaient encore à eux. Mais trop souvent, le courrier cessait de venir, remplacé par la terrible visite du maire ou du gendarme portant une nouvelle funeste.
Dans ces campagnes, les femmes apprirent à pleurer en silence, à serrer contre elles la photo d’un fils ou le portrait d’un mari, à se recueillir devant les monuments aux morts où s’alignent encore aujourd’hui les noms gravés dans la pierre. Derrière chacun de ces noms, il y a une maison endeuillée, une mère brisée, une épouse seule, des enfants privés d’avenir.
La mémoire des Poilus du pays de Ploërmel ne peut être dissociée de celle de leurs familles. Car c’est dans la force des mères, dans les larmes des enfants et dans la dignité de tous ceux qui ont attendu et souffert que se lit encore l’écho de 14-18. Leur courage silencieux est, à sa manière, une autre forme d’héroïsme.
