Correspondances de poilus 1914-1918

D.P. Lettre du 19 novembre 1916


Le 19 novembre 1916.

Bien cher Parent,

Je vous écris deux mots pour vous remercier de vos dix francs que vous m’avez envoyés. Je suis toujours en bonne santé et je désire que vous soyez de même. Je vous écris cette lettre au son des cloches qui sonnent les vêpres… J’aime beaucoup mieux me reposer en place que d’aller d’un côté ou de l’autre pour les trois francs que vous m’avez donnés. Vous me dîtes que papa travaille à la métairie, il n’a pas encore trop loin à aller, c’est une bonne chose comme ça. Il est toujours avec la servante à l’Ange Guillotin lorsque j’y étais mais je crois qu’elle ne se soule pas comme dans le temps. Moi, j’ai de la chance en ce moment, j’ai une dame qui me lave mon linge pour rien, ils sont très gentils. Je ne voulais pas rester si longtemps dans ce pays, voilà deux mois. Je finis en vous embrassant, votre fils qui pense à vous. Bien le bonjour au voisin de ma part, je trouve drôle que mon cousin Adrien ne m’a pas écrit. Vous souhaiterez bien le bonjour à ma cousine et vous lui demanderez des nouvelles ainsi qu’à tonton Adrien.