

Le 9 juin 1918.
Je vous écrive deux mots très heureux d’avoir reçu de vos bonnes nouvelles tant qu’à moi la santé va très bien aussi et je désire que ma lettre vous trouve tous de même. Chers parents vous m’annoncé quelque chose, le mariage de Elise Lefort avec Gérard Guillotin, il y a longtemps que je le savais, il doit être toujours à Salonique mais le pauvre malheureux je le plains d’avance, il attend la fin de la guerre mais il pourrait attendre davantage et celui de Victor Lemasle avec Maria Gendrot mais vous ne me dîtes pas si c’est le jeune ou celui qui était au rose, mais je crois qu’ils ne resteront pas longtemps ensemble car elle n’est pas forte à moins que le mariage lui soit sain. Enfin j’ai perdu mon litre de vin. J’avais toujours dit qu’elle aurait pris un autre qui la fréquentée assez longtemps, mais si j’arriverai pour la noce je le paierai de bon cœur. Vous m’annoncez la blessure d’Alphonse Raffray, s’il n’est pas trop blessé il sera plus heureux que d’être en face où je me trouve.
Je suis content que la récolte est très belle mais je voudrais savoir s’il y a des pommes cette année pour faire du bon cidre comme vous en avez toujours. Je vous dirais que le canon gronde assez fort en ce moment. Les copains qui sont là doivent prendre quelque chose.
C’est tout ce que je vois à vous raconter pour aujourd’hui. Je finis en pensant toujours à vous. Bien le bonjour au voisin de ma part. Votre fils qui ne cesse de penser à vous.
Désiré Pambouc