Auve (Marne) le 1er avril 1917.
Chère mère,
J’ai reçu le colis ce soir et je t’en remercie beaucoup. Tout y était et en bon état. Une prochaine fois ne l’envoie pas recommandée c’est de l’argent dépensé inutilement. Hélas, non, je ne serais pas versé au 5e embusqué. Nous étions pour leur donner un coup de mains, le travail est fini et dans quelques jours nous mettons les voiles. Pour où je n’en sais rien. Je te le dirais quand j’y serais rendu.
Victor Hervé a été à la poursuite des boches ! Ah le veinard. Dans ce coin de Champagne il ne bouge pas souvent les salauds. Je préfèrerais rester au 5e mais il n’y a pas de pétard. D’abord on ne peut pas y être versé comme ça, car dans ce régiment il n’y a pas de pertes. J’ai reçu une lettre de Nini Hervé, de Victor et de M. Marsac.
Ton fils qui t’aime et qui t’embrasse de tout cœur ainsi qu’Aline et Eugène car il doit être en vacances de Pâques.