Correspondances de poilus 1914-1918

✉️ Courriers 1916

Joseph AMIAUX – 22 août 1916

Coligny (Ain), Le 22 août 1916.

Cher frère
Voilà déjà 1 mois que je suis parti de Versailles. Hier soir j’ai reçu ta carte mais j’ai remarqué que tu ne mets jamais la date comme cela je ne sais pas le temps que les lettres mettent à venir. Par ici il n’y a pas de dimanche. Les gens travaillent toujours. Notre sous lieutenant a eu son 2e galon et pour cela il a fallu turbiner comme des nègres ; ce matin nous avons commencé des tranchées et pour commencer on pioche et on pelle coucher et après à genoux et à une certaine profondeur debout. Je t’assure que c’est dur, celui qui n’aurait pas l’habitude de faire cela ; c’est absolument comme font les sapeurs du front sous la mitraille. En arrivant on a encore manœuvrer et on a mangé il était 10h30 passé comme tous les jours. J’ai reçu la photo d’Eugène BRUN et j’attends toujours la vôtre. Tu diras à Aline qu’elle n’oublie pas de me faire des gants pour cet hiver. Le matin il fait déjà un brouillard qui est froid mais dans la journée il fait tout à fait chaud.

Je termine en t’embrassant de tout cœur ainsi que maman et Aline.

Ton frère Joseph