Versailles, le 17 février 1916.
Chers parents,
Ce matin, ça va pas mal, ça va mieux que pour la 1ere piqûre mais c’est également l’épaule qui s’en ressent. Maintenant, je vous avais dit de ne pas envoyer le pâté avant la fin de la vaccination ; mais vous pouvez l’envoyer dès que vous trouverez du lard et par là même, vous pourrez m’envoyer du chocolat, ça fait un grand bien avec un bon bout de pain quand on est à faire l’exercice. Mais ce qui me ferait plus plaisir encore à avoir une bonne barrique de cidre mais inutile ; il n’y a pas moyen. Là, il ne veut que du 40° et de la vraie saleté. Mon caporal m’avait proposé une plume de 24″ l’autre jour, mais j’aime mieux attendre quelques temps avant d’aller à Paris ; mais pour pâques ; je pense avoir une bonne petite permission. Quant à La Baille, je n’en savais rien pour son père et surtout que je ne le fréquente pas beaucoup et je ne sais pas s’il est allé à l’enterrement car il est toujours à l’infirmerie. Je termine ma carte en vous embrassant bien fort. Votre fils dévoué.
(Envoyez moi le plus souvent possible de vos nouvelles car j’aime bien recevoir des nouvelles)
Joseph.