
Doullens (Somme), le 8 mai 1918.
Ma chère petite Aline,
Je t’écris ces quelques mots pour te donner de mes nouvelles qui sont très bonnes et j’espère que ma carte te trouve de même ainsi que ta mère. Nous sommes toujours au même endroit et aujourd’hui nous avons un temps superbe. Je suis de garde toute la journée jusqu’à cinq heures ce soir et nous travaillons toujours dans ce champ d’aviation. Voilà huit jours que je n’ai rien reçu de toi, cela m’ennuie car je me demande ce que tu deviens. J’espère recevoir de tes nouvelles demain, cela me fera plaisir.
Je finis ma carte en t’embrassant bien des fois de loin.
Reçois de ton petit Alphonse son plus doux baiser.