Eugène BADOUEL est le neveu de Rosalie LEMOINE grand-mère de Madame LE BRIS, née AMIAUX, contributrice de mon site web.



Cher Parrain,
Je suis débarqué du Carnot et je suis embarqué sur le Bouvet avec MB. Moy. J’en suis très content que nous nous soyons rencontrés ; on peut parler des nouvelles du pays car il n’y a pas longtemps qu’il a quitté le patelin. Rien autre chose. Bonne santé à tous.
Badouel à bord du Bouvet, Var.


Cherbourg (Manche), le 15 février 1915.
Chers Parrain et Marraine,
Quelques mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes, j’espère qu’il en est ainsi pour toute la famille. Je vous ai demandé si vous connaissiez un nommé : Victor JÉGU, fils de François et Anne-Marie AUDO né le 4 octobre 1886, domicilié actuellement à BASSE-INDRE en LOIRE-INFÉRIEURE. Il est marin de 3ème classe sans spécialité. Si vous connaissez ça, je pourrais vous en dire quelque chose. Si les parents étaient à la Trinité, ne leur parler de rien.
Au revoir et bonne santé – Station Sous-Marin – Cherbourg.

La catastrophe du Iéna dans le port de TOULON – 1907
Mardi 12 mars 1907, l’Iéna était entré depuis quelques jours dans un des bassins de carénage de Missiessy – dans le port militaire de Toulon – pour une visite de sa coque. Les travaux étaient presque achevés, tout était normal ; vers une heure passée de l’après-midi, les hommes d’équipage regagnèrent leur poste, les ouvriers de l’arsenal n’étaient pas encore revenus à bord. Une première explosion se produisit. Une grande flamme jaillit d’une cheminée et du monte-charge de la soute tribord. L’incendie gagna rapidement les autres soutes et les torpilles, les explosions se succédèrent.
Les toitures de trois ateliers furent soufflées. Le Suffren, qui se trouvait dans un bassin proche, se coucha presque complètement sur tribord. Des éclats furent projetés à des centaines de mètres, blessant des passants et tuant même un enfant dans les bras de sa nourrice. Les dégâts furent considérables. Des débris humains furent dispersés dans un rayon de 200 mètres.
Sur un équipage de 630 hommes, officiers compris, le bilan officiel fut de 37 blessés, dont l’amiral Henri-Louis Manceron légèrement blessé, et de 118 morts, dont sept officiers parmi lesquels le capitaine de vaisseau Adigard qui commandait le navire. (Source Wikipedia)

Eugène Badouel à M. Amiaux Joseph
Chers Parrain et Marraine,
Deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes pour le moment. Je suis embarqué à bord du Carnot et je me plais assez bien. Pour l’explosion du Iéna, je me trouvais à pas plus de 200 mètres et je vous assure qu’il n’y faisait pas beau. On voyait les corps des officiers et des marins sauter par morceaux plus haut que la mâture du navire et après l’explosion, les marins survivants ramassaient les morceaux de chair sur le pont dans des sacs. Je ne vois rien d’autres choses à vous raconter pour le moment. Votre filleul qui vous aime toujours.
Eugène Badouel à bord du Carnot. Toulon, Var.
Toulon (Var), le 31 janvier 1908.

Chers parrain et Marraine,
Je suis arrivé à bord du Bouvet à bon port ; je n’ai rendu que le 30 au soir et je commençais à m’ennuyer à courir d’un bateau sur l’autre. Mon oncle et moi, nous nous joignons pour vous embrasser bien fort. Bien le bonjour de votre filleul qui vous aime toujours.
Eugène Badouel à bord du Bouvet
Cherbourg (Manche), le 28 mars 1910.

Chers Parrain et Marraine (Mr & Mme Amiaux – La Trinité-Porhoët))
Je suis arrivé à bord à 10 heures dimanche matin après avoir changé 5 fois de train durant le parcours. Je vous assure que je ne prendrai plus jamais cette ligne pour revenir. Le train va trop vite.
Bien le bonjour à votre petite famille et bonne santé à tous. Au plaisir de se revoir sous peu.
Embrassez bien mon filleul pour moi, votre filleul qui ne vous oublie pas.
Eugène à Cherbourg à bord du Bouvet.

Chère Grand-Mère (Mme Veuve Lemoine – La Trinité-Porhoët)
Je suis de retour à bord, j’ai été rendu le dimanche matin à 10 heures, heureusement qu’il ne faisait pas froid car le train n’allait pas trop vite. J’écris à Victorine ainsi qu’à Jean-Baptiste Moy Pour leur faire savoir que ma permission est terminée.
Bien le bonjour à toutes, embrassez bien les enfants pour moi, au plaisir de se revoir sous peu.
Votre petit fils qui vous aime.
Eugène à Cherbourg à bord du Bouvet.

Cherbourg (Manche), le 20 avril 1910.
Chère Grand mère,
Quelques mots pour vous faire savoir que je suis toujours en bonne santé et aussi pour vous faire savoir que je vais passer par Paris quand je vais être libéré. Je ne serai à la Trinité avant le 1er Mai.
J’ai écrit à Jean-Baptiste pour lui dire de demander une permission s’il veut que je lui paye un tour de chevaux de bois pour la fête.
Bien le bonjour à tante ainsi qu’aux enfants et bonne santé à tous.
Votre petit-fils qui vous aime toujours.
Eugène à bord du Bouvet .
Cherbourg (Manche), le 4 juillet 1915.
à M. et Mme Amiaux
Chers Parrain et marraine,
Malgré que je pense encore aux quelques jours de la vie civile passée ; la vie militaire m’a vite ramené à la réalité. Tout de même, c’est une permission trop courte que j’ai eue. Je ne recommencerai pas pour si peu ; ça ne comprend la fatigue endurée. je suis toujours en bonne santé, j’espère que pour vous et votre famille qu’il en est ainsi. Votre très dévoué filleul.
Badouel, marin, Cherbourg.
Cherbourg (Manche), le 6 août 1915.
Chers Parrain et Marraine,
Hier midi, j’ai reçu la gentille lettre de mon filleul, aussi, je l’en remercie m’apprenant la mort de Ernestine Marsac à laquelle quand je l’ai vue étant en permission, j’étais persuadé de ne plus la revoir. Tant qu’à Fernand ; par Victorine, la semaine dernière ; j’ai reçu une carte me disant qu’il était en bonne santé ; tant mieux, cela n’empêche qu’il a été vraiment négligeant ; être trois mois sans donner de nouvelles, c’était un peu trop exagéré. Tant qu’à moi, je suis toujours au même poste et espère y rester jusqu’à la fin. En attendant le jour de délivrance, je vous souhaite à tous bon courage et bonne santé.
Badouel, marin, Cherbourg.
Le Havre (Seine Maritime), le 29 décembre 1916.
Chère Marraine,
Á l’occasion de la nouvelle année qui sous peu de jours va commencer, je vous souhaite mes meilleurs vœux et souhaits de bonheur et de bonne santé et qu’enfin, 1917, nous apporte la paix et la victoire finale depuis si longtemps attendues. J’espère que tout le monde va bien ; tant qu’à moi, ça va toujours ; j’ai eu des nouvelles de Joseph voilà une dizaine de jours. Il me dit que de son côté, tout n’est pas rose. Je veux bien le croire ; c’est partout à peu près la même chose ; à cette saison de l’année, la mer est bien mauvaise. Nous sommes plus souvent qu’à notre tour trempés comme de vrais canards. Enfin, je souhaite que nous en verrons bien la fin un jour ou une nuit ? Votre filleul, très affectueusement.
Le Havre
Badouel.
1918 à bord du Harpon.
Eugène Badouel à sa marraine.
De Dunkerque,
Acceptez mes meilleurs vœux et souhaits de bonheur et de bonne santé ainqi que votre famille à l’occasion de la nouvelle année. Heureusement que la dernière année de guerre va enfin s’éteindre et que sous peu le temps de paix va renaître dans nos foyers. Votre filleul affectionné.
Dunkerque Nord
1918 à bord du Harpon.
à Mme Veuve. Amiaux
Á l’occasion du nouvel an, je viens vous offrir mes meilleurs vœux et souhait de bonheur et de bonne santé.
Badouel à bord du » Harpon » Cherbourg.