
Châlons-sur-Marne (Marne) le 28 mars 1917.
Cher frère
J’ai reçu ta carte il y a 3 jours et je t’en remercie beaucoup. Je suis toujours bien et je souhaite qu’il en est de même pour toi. J’ai changé de pays il y a huit jours vendredi. Je suis toujours à peu près dans les mêmes parages. Il fait froid il tombe souvent de la neige mais elle ne reste pas.
Ton frère qui t’aime.
Joseph
1er Génie
Secteur 5
Nous en avons pas pour longtemps ici.
Châlons-sur-Marne (Marne) le 28 mars 1917.

La santé est toujours bonne t je souhaite qu’il en est de même pour toi ainsi qu’Aline. Le froid continue toujours, la neige tombe mais elle ne reste pas. Nous travaillons tout à fait dur de ce moment aussi nous sommes obligés d’acheter à manger car la nourriture ne suffit pas. J’ai reçu la lettre d’Aline hier.
Ton fils qui t’embrasse de tout cœur. Joseph.
Auve (Marne) le 1er avril 1917.
Chère mère,
J’ai reçu le colis ce soir et je t’en remercie beaucoup. Tout y était et en bon état. Une prochaine fois ne l’envoie pas recommandée c’est de l’argent dépensé inutilement. Hélas, non, je ne serais pas versé au 5e embusqué. Nous étions pour leur donner un coup de mains, le travail est fini et dans quelques jours nous mettons les voiles. Pour où je n’en sais rien. Je te le dirais quand j’y serais rendu.
Victor Hervé a été à la poursuite des poches! Ah le veinard. Dans ce coin de Champagne il ne bouge pas souvent les salauds. Je préfèrerais rester au 5e mais il n’y a pas de pétard. D’abord on ne peut pas y être versé comme ça, car dans ce régiment il n’y a pas de pertes. J’ai reçu une lettre de Nini Hervé, de Victor et de M.Marsac.
Ton fils qui t’aime et qui t’embrasse de tout cœur ainsi qu’Aline et Eugène car il doit être en vacances de Pâques.
Côte-d’Or le 12 avril 1917.
Chère Maman,
Je ne sais de quel côté nous nous dirigeons, nous sommes près de Dijon en ce moment. Il fait beau temps. Adieu l’Italie et surtout les beaux jours passés là-bas. Bonjour à toute la famille. Ton fils tout dévoué.
Joseph.
Côte-d’Or le 13 avril 1917.
Chère mère,
Nous partons demain matin à 6h. Je suis versé au 3e Génie 2e corps d’armée ainsi que Gardahaut. Kersusan au 3e Génie aussi mais 3e corps.
Nous partons dans la direction de l’Aisne. Je ne saurais la compagnie que quand je serais rendu. Enfin les bons jours sont passés. Ne te fais pas de chagrin. Aussitôt rendu si je le peux j’écrirais. Ce que je souhaite c’est que la compagnie soit au repos.
Ton fils qui t’aime
Joseph

Brunoy (Seine et Oise) le 24 avril 1917.
Chère sœur,
J’ai reçu ta lettre samedi. Tu me demandes des choses que tu le sais. Tu me demandes si Alphonse n’est plus avec moi à moins qu’il serait parti faire un voyage dans la lune. Je suis stationné et non de passage auprès de Paris. J’en suis à 23km. Mais pour avoir une prime il faut la demander au moins 15 jours à l’avance. C’est la bonne vie mais tout est cher. Je ne m’en fait pas car quand il faudra remonter et sera assez tôt.
Dimanche j’ai été avec Alphonse faire une partie de bateau sur cette rivière. Tu ferais pas mal de venir me voir pour te désennuyer car c’est un très beau pays. Aux alentours ce n’est que villas. Je termine en t’embrassant de tout cœur ainsi que maman et Eugénie.
Ton frangin
Joseph
Le 10 mai 1917.
Chère sœur
Je suis toujours bien et je désire qu’il en est de même pour toi ainsi que maman. Un de ces jours je vous enverrais à chacune ainsi qu’à Eugène un petit mouchoir que je vais faire étant au repos avec des parachutes de toile. Nous devions être relevés hier soir mais en voilà pour 4 jours de plus à rester aux tranchées. Ces jours-ci nous sommes bien nourris, nous avons soit des confitures ou du fromage mais une fois redescendu ce sera comme avant.
Ton frère qui t’aime.
Joseph
Cerçay (Seine et Oise) le 9 juillet 1917.
Bonjour de Cerçay, je crois que le repos se termine car voilà 15 jours que nous sommes dans ce patelin. J’ai reçu la lettre d’Eugène avec sa petite photo et je le remercie beaucoup. Je crois que cette fois nous prendrons la bonne direction. Bonjour d’Alphonse. Je termine en t’embrassant de tout cœur.
Joseph.

Cerçay (Seine et Oise) le 27 juillet 1917.
Chère Maman,
Je suis toujours en bonne santé et je désire qu’il en est de même pour toi ainsi que toute la famille. Je ne me suis pas trop aperçu du vaccin ; légèrement mal au bras et aujourd’hui, je tire encore un jour de repos. Tu peux juger des pays proches où nous sommes comme c’est agréable surtout par un temps comme ça. Depuis que la division est au repos ; on a fêté par un concert le dimanche et le samedi. c’est le moment d’en profiter car aux tranchées ; ce ne sera pas si agréable. je te l’assure que je regretterai le pays le jour où il faudra le quitter. Envoie moi un peu d’argent pour que j’en ai d’ici que nous soyons au repos ; il me reste encore 10 francs. L’on trouvera peut-être drôle que je t’en demande déjà mais il n’y a pas besoin de faire d’extra et ce qui tire sur la bourse c’est quand j’ai été chez à chercher la compagnie. Je termine en t’embrassant de tout cœur ainsi qu’Eugène et Aline.
Ton fils qui t’aime.
Joseph.
Cerçay (Seine et Oise) le 1er août 1917.
Chère mère, Nous partons demain du pays de Cerçay à grand regrets. Je ne sais pas quelle direction l’on prend. Je ne sais pas si l’on remonte en ligne ou si nous allons dans un autre pays plus loin. Aussitôt rendu à destination j’ t’enverrai un mot. Embrasse Aline et Eugène pour moi.
Ton fils qui t’aime pour la vie. Joseph.


Coulonges-en-Tardenois (Aisne) le 12 août 1917.
La santé est toujours très bonne et je désire qu’il en soit de même pour vous tous. Voici le patelin qui touche le camp où nous sommes. je ne sais pas si tu as reçu la lettre où je demande de m’envoyer un colis car je t’assure qu’on sent l’eau de la ratatouille. Reçois de ton fils un bon baiser.
Joseph.



Magneux (Marne) le 22 septembre 1917.
Chère Maman, je suis toujours en bonne santé et je désire qu’il en est de même pour toute la maison. Nous sommes dans la Marne à 2km1/2 de Fismes. Nous partons sans doute demain, l’on en a peiné pour venir depuis les lignes. Nous sommes arrivés ce matin à 1 heure ce matin. Nous étions trempés de sueur et obligés de coucher sur la terre humide dans des baraquements, même pas un lopin de paille. Nous devons retourner tout prêt de l’on était avant de monter aux tranchées. Je vois bien que nous serons obligés de remonter dans les parages de où nous sortons. Ce sont des noirs qui nous relevés.
Reçois de ton fils un doux baiser. Joseph
Magneux (Marne) le 26 septembre 1917.

Cher frère,
je suis toujours en bonne santé et je souhaite qu’il en soit de même pour toi. Par ici il fait un très beau temps. Je compte m’en aller au pays sans tarder car les permes vont recommencer vers le 1er octobre. Reçois de ton frangin ainsi qu’Alphonse un bonjour.
Ton frère, Joseph.
Magneux (Marne) le 7 octobre 1917.
Chère sœur,
Je suis toujours bien et je souhaite qu’il en soit de même pour toi ainsi que Maman. Hier, j’ai trouvé la lettre de maman. Nous partons ce midi du camp pour monter en lignes ; nous devons faire le chemin en deux étapes. Alphonse va arriver, l’on va être parti. Nous avons eu une drôle d’arrivée pour notre perme.
Ton frère qui t’aime.
Joseph.


Magneux (Marne) le 8 octobre 1917.
Mme Amiaux
Nous partons ce soir à 5 heures pour l’Italie. Bonjour d’Alphonse.
Joseph.




Italie, le 11 novembre 1917.
Chère Sœur, Je suis toujours en bonne santé et je souhaite qu’il en est de même pour toi ainsi que maman. Ce midi je vais faire une lettre pour raconter le voyage qui a duré cinq jours. Nous partons de ce pays demain, c’est loin du pays où nous sommes cantonné en ce moment.
Ton frère qui pense à toi.
J. Amiaux

Italie, le 13 novembre 1917.
Chère mère, Je n’ai pas le temps d’écrire car nous sommes en déplacement tous les jours. Envoie surtout pas mal d’argent car nous en avons besoin. Le pays n’est pas mauvais, nous ne sommes pas encore en ligne. Je reçois bien tes lettres. Ton fils qui pense à toi. Joseph.
Italie, le 14 novembre 1917.
Cher frère, J’ai reçu ta lettre et je t’en remercie, Je reste sur le front italien, Alphonse est toujours avec moi puisque toute la division est revenue.
Ton frère qui t’aime. Joseph.
Italie, le 14 novembre 1917.
Chère sœur, Je viens d’écrire une lettre à maman. Cette carte que je t’envoie, j’en ai déjà envoyée de ce pays en arrivant en Italie. J’ai envoyé une carte à Mr. Bouton, tante Eugénie et Nini Hervé. Je ne sais s’ils l’ont reçu. J’ai demandé de l’argent et un colis. Envoyez moi pas mal de pognon.
Ton frère qui t’aime. Joseph.




Italie, le 17 novembre 1917 (8 heures du soir)
La santé est toujours bonne et j’espère qu’il en est de même pour toi ainsi qu’Aline. Aujourd’hui nous sommes partis du pays pour aller plus loin mais comme il n’y avait pas de cantonnement de libre nous sommes retournés au même endroit. Je t’ai demandé ma montre, de l’argent et un colis, j’aime mieux te le renouvelé de peur que la lettre ne te parvenait pas. Il y a quelques jours que je n’ai pas reçu de nouvelles.
Au plaisir de se revoir mais pas de suite je crois. Ton fils qui t’aime pour la vie. Joseph

Italie, Nove Vicentino. Le 14 décembre 1917.
Chère Maman,
Je suis toujours en bonne santé et je souhaite qu’il en est de même pour toi ainsi qu’Aline. Je crois que nous en avons encore pour un bon moment avant de monter en ligne.
Ton fils tout dévoué, Joseph