Correspondances de poilus 1914-1918

✉️ Courriers 1916

Lettre du 15 février 1916

Date : 15 Février 1916 Expéditeur : Eugène BonnetDestinataire : Valentine Bonnet

Lieu : Dülmen (Allemagne-Westphalie)

Chères fille et sœur,

Ma petite Valentine, c’est à ta lettre du 25 Janvier que je réponds, bien content de vous savoir encore à cette date tous bien portants. Moi aussi je suis très bien. Ma petite, pour les colis dont tu parles expédiés à Minden, depuis que je suis ici, je les ai tous reçus. Ils ont mis plus de temps, mais sont venus aujourd’hui ou demain, je vais toucher celui que tu m’as envoyé le 24 Janvier : Lard, beurre, pipe tabac, merci de votre empressement à ma ravitailler. Ma Valentine, écrit donc une carte à ta tante, 43 rue de la Gaité, dit lui que je lui avais envoyé une carte le 3 Janvier, elle est allée mais j’avais oublié de mettre le n° et elle m’est revenue le 8 Février ; je regrette les jours derniers, j’ai eu une carte de Grasland de paris, au revoir ma mignonne. Dit-moi si tu t’attends à décrocher ton certificat d’étude et toi sœur, la vie n’est pas trop dure, le commerce ne doit pas être brillant et la vie est chère, tu m’en diras deux ou trois mots si tu veux, enfin, pourvu que vous n’ayez pas de misère, c’est tout ce qu’il faut, tu me diras si ton mari a eu sa permission.

Si Henri est en bonne santé, et maman, dit lui bien des choses. Je pense bien à elle et aussi dans ces jours anniversaires, je pense à la maladie et aux angoisses qu’a eu ma chère femme de se voir disparaître dans des conditions si malheureuses et le cœur me saigne encore.

Valentine, j’ai écrit une carte à Mr Louis datée du dimanche 15 Février. Tu me diras quand il l’aura reçue, je ne vois rien d’autre chose à vous dire puisqu’on ne peut rien dire de la situation. Un bon baiser à ton petiot, à maman, à tous.

Mes amitiés les plus sincères à Mme et Mr Louis, à Mme Saillard. Qu’elle me rappelle au bon souvenir de son cher mari.

Tu diras aussi le bonjour à Mr Azemar quand il sera de passage, dit lui qu’il jouit d’une belle liberté dont il ne peut connaître la valeur en promenant sa serviette de bourg en ville, vis-à-vis de nous encerclés dans des grillages de fils de fer barbelés depuis des années, j’avais chargé Mme Lominé d’offrir mes bons souhaits aux amis de Mauron.    

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