Correspondances de poilus 1914-1918

E.P. Ses courriers,  ✉️ Courriers 1915

E.P – 6 octobre 1915

06.10.1915 – Eugène Pambouc à son cousin.

Bien cher cousin,

Je viens de recevoir en même temps ta carte-lettre du 13 et ta lettre du 23 octobre. Je suis bien heureux de te savoir encore bien costaud. Quant à moi, je vais mieux : j’ai encore changé d’hôpital, rapport à mon estomac et pour l’entérite. Je crois que je m’en tirerai pour mon oreille sans qu’on me l’opère. Elle va beaucoup mieux ; mais je crois ne plus entendre jamais, le tympan est crevé, l’autre oreille entend, mais pas clair comme avant. Mon estomac s’améliore, mais voilà plus de huit jours que je suis au bouillon de légumes sans rien d’autre et plus d’un mois que l’on ne m’a donné de pain ni de viande. Je suis peu solide sur mes boulets.

Le major qui me soigne est très bon : tous les majors qui m’ont soigné jusqu’ici étaient bons, j’ai eu cette chance.

Désiré m’écrit en même temps que toi qu’il va encore à la guerre : que Dieu vous garde tous deux ! C’est dur ! Mais il le faut, voilà longtemps que je n’ai pas eu de nouvelles de Mauron. Il en part toujours quelques-uns d’ici, en convalo ou en perm.

Je pense bien à toi mais je ne puis te dire : Courage ! Vive la France ! Nous les aurons !

Souhaite bien le bonjour aux amis Sellier, Tardivel, Jeannot et autres qui sont avec toi. Bien le bonjour à toi, avec la plus vigoureuse main qu’on puisse donner !

Contrexéville où je suis est une grande et belle ville d’eaux ! L’ancien shah de Perse y venait. C’est admirable, surtout le Parc, les sources, bel établissement ! Il faut voir ça.

Je voudrais bien être guéri, va ! J’en ai encore pour un peu à traîner. Je lis ! J’écris ! Mais je suis faible. On va m’apporter mon bouillon… Je te quitte ! à une autre fois !

Salut ! Avec l’espoir de se revoir !

Ton cousin Eugène, hôpital de l’établissement, salle A à Contrexéville (Vosges)

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