{"id":9643,"date":"2024-12-10T22:18:16","date_gmt":"2024-12-10T21:18:16","guid":{"rendered":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/?p=9643"},"modified":"2024-12-26T19:46:17","modified_gmt":"2024-12-26T18:46:17","slug":"eugene-simon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/2024\/12\/10\/eugene-simon\/","title":{"rendered":"Eug\u00e8ne SIMON"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eug\u00e8ne Marie SIMON est n\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 1882 \u00e0 Loyat (Morbihan) et est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 29 octobre 1917 \u00e0 Malmaison (Aisne) <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Il \u00e9tait incorpor\u00e9 \u00e0 la 11\u00e8me Section d&rsquo;Infirmiers Militaires.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"608\" height=\"379\" src=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-110.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4890\" srcset=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-110.png 608w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-110-300x187.png 300w\" sizes=\"(max-width: 608px) 100vw, 608px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" width=\"440\" height=\"296\" src=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-22.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4122\" srcset=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-22.png 440w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-22-300x202.png 300w\" sizes=\"(max-width: 440px) 100vw, 440px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" width=\"438\" height=\"168\" src=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/image-7.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9026\" srcset=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/image-7.png 438w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/image-7-300x115.png 300w\" sizes=\"(max-width: 438px) 100vw, 438px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<div style=\"height:18px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eug\u00e8ne Marie SIMON est n\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 1882 \u00e0 Loyat (Morbihan) et est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 29 octobre 1917 \u00e0 Malmaison (Aisne)&nbsp;Vicaire \u00e0 M\u00e9n\u00e9ac. Il figure \u00e9galement sur le Monuments aux Morts de LOYAT. Fils de Pierre Marie SIMON et Mathurine Marie LEBOIS. C\u00e9libataire. Eccl\u00e9siastique.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"555\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-210-555x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-11110\" style=\"width:332px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-210-555x1024.png 555w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-210-163x300.png 163w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-210-768x1417.png 768w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-210.png 791w\" sizes=\"(max-width: 555px) 100vw, 555px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u00e9crologie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Livre d\u2019Or du Petit S\u00e9minaire de Plo\u00ebrmel&nbsp;\u00bb, Vannes, Lafolye, 1920.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Abb\u00e9 Eug\u00e8ne SIMON, vicaire \u00e0 M\u00e9n\u00e9ac.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;abb\u00e9 Eug\u00e8ne-Marie Simon \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Loyat le 14 d\u00e9cembre 1882. Il fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 10 juillet 1908, et apr\u00e8s trois ans pass\u00e9s comme vicaire instituteur \u00e0 Mendon, il fut nomm\u00e9, en 1911, vicaire \u00e0 M\u00e9n\u00e9ac.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mobilis\u00e9 comme infirmier, il est mort au Champ d&rsquo;honneur le 23 octobre 1916.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour faire revivre la figure de notre camarade, et donner quelques d\u00e9tails sur sa mort glorieuse, nous ne pouvons mieux faire que de citer cette lettre \u00e9crite \u00e0 Mer Gouraud par un pr\u00eatre vannetais, compagnon d&rsquo;armes du cher d\u00e9funt. L&rsquo;abb\u00e9 Simon y est peint d&rsquo;apr\u00e8s nature, avec cette grande bont\u00e9, et cette pi\u00e9t\u00e9 si vive que reconnaissaient au glorieux disparu tous ceux qui l&rsquo;ont approch\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Monseigneur,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vous connaissez d\u00e9j\u00e0 par la lettre de M. l&rsquo;aum\u00f4nier divisionnaire la mort de M. l&rsquo;abb\u00e9 Simon, vicaire \u00e0 M\u00e9n\u00e9ac. Toutefois, en qualit\u00e9 de condisciple et de fr\u00e8re d&rsquo;armes, je tiens, pour l&rsquo;\u00e9dification de tous, \u00e0 vous donner quelques d\u00e9tails sur sa vie aux arm\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. l&rsquo;abb\u00e9 SIMON \u00e9tait, depuis le d\u00e9but des hostilit\u00e9s, incorpor\u00e9 au groupe des brancardiers de la &#8230; Division. Il prit part comme tel \u00e0 toutes les attaques du &#8230; Corps, sans compter celles o\u00f9 l&rsquo;on exigeait le concours du groupe comme renfort. Il connut la Somme, la Champagne et deux fois Verdun. C&rsquo;\u00e9tait la troisi\u00e8me fois qu&rsquo;il travaillait dans l&rsquo;Aisne. Sa Croix de guerre devait \u00eatre enfin la r\u00e9compense du devoir joyeusement et int\u00e9gralement accompli.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">H\u00e9las ! c&rsquo;\u00e9tait le 28 octobre ! Finie la rel\u00e8ve des bless\u00e9s, finie la s\u00e9pulture des morts, heureusement peu nombreux, apr\u00e8s quatre nuits et quatre jours de fatigue, M. Simon, obtint de se reposer pendant vingt-quatre heures. Le lendemain, il fut d\u00e9sign\u00e9 pour monter au fort de la Malmaison. Il paraissait bien fatigu\u00e9 et un peu triste. Je le consolai en lui apprenant que le service du fort \u00e9tait bien simplifi\u00e9 : plus ou presque pas de bless\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il m&rsquo;esquissa un sourire, et parut content. Le poste de secours install\u00e9 au fort n&rsquo;offrait aucune garantie de s\u00e9curit\u00e9. A peine M. Simon y \u00e9tait-il arriv\u00e9, qu&rsquo;un obus de rupture allemand s&rsquo;abattit \u00e0 la porte de la salle, et, se brisant violemment, d\u00e9chargea ses \u00e9clats nombreux dans l&rsquo;appartement, tuant dix hommes et en blessant le double.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;appris la catastrophe quelques heures plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon c\u0153ur battait, car sur les quatorze hommes du groupe, on annon\u00e7ait cinq morts et six bless\u00e9s. La tristesse me gagna lorsque j&rsquo;appris que mon cher confr\u00e8re \u00e9tait au nombre des victimes. C&rsquo;\u00e9tait le 29 octobre, \u00e0 une heure environ de l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le lendemain matin, je remontai pour aider \u00e0 descendre les chers camarades tomb\u00e9s. Je rencontrai en chemin le convoi de la premi\u00e8re victime. J&rsquo;arr\u00eatai les brancardiers, et, soulevant la toile de tente qui recouvrait le mort, je reconnus mon brave confr\u00e8re, jambe gauche bris\u00e9e, pied droit coup\u00e9, et un \u00e9clat \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule qui le traversa de part en part. La mort avait \u00e9t\u00e9 instantan\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. l&rsquo;abb\u00e9 Simon \u00e9tait le type du soldat mod\u00e8le, accomplissant en silence les devoirs les plus p\u00e9rilleux. Il avait avec ses camarades des relations franches. Il poss\u00e9dait surtout les deux qualit\u00e9s qui font aimer et estimer un homme : la simplicit\u00e9 qui plait, et la bont\u00e9 qui attire. Il avait tant de charme dans ses rapports avec ses camarades, et il mettait tant d&rsquo;onction dans ses paroles, qu&rsquo;il gagnait l&rsquo;affection de tous ceux qui l&rsquo;approchaient. Tous l&rsquo;appelaient le bon M. Simon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il avait toutefois dans le groupe ses amis pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019\u00e9taient ses confr\u00e8res, et un petit cercle de bons enfants, qui lui rappelaient, disait-il, les bonnes \u00e2mes de Mendon et de M\u00e9n\u00e9ac. Jamais il ne passait un jour sans les approcher, leur demander les plus petits d\u00e9tails de leur vie, les nouvelles de leur famille. Il les tenait au courant du service religieux, rares \u00e9taient ceux qui ne se rendaient pas \u00e0 son appel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour eux il recevait la petite revue Fr\u00e8res d&rsquo;Armes, qui circulait dans le petit groupe \u00e0 la mani\u00e8re des Annales de saint Fran\u00e7ois de Sales. Oh ! le bien que cette petite revue faisait ! Pour ses confr\u00e8res, il poss\u00e9dait la Revue hebdomadaire, dont chacun faisait son profit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette simplicit\u00e9 et cette bont\u00e9 naturelles avaient leur foyer dans la pi\u00e9t\u00e9 profonde de M. Simon. Son plus grand bonheur \u00e9tait de c\u00e9l\u00e9brer la sainte Messe. Je la lui r\u00e9pondais, et je puis dire qu&rsquo;il la disait avec la m\u00eame ferveur que les messes des premiers jours de son ordination.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sacrifice c\u00e9l\u00e9br\u00e9, il rentrait au cantonnement, et, si le service ne l&rsquo;y retenait pas, il s&rsquo;\u00e9cartait \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres, pour se livrer dans le silence \u00e0 la pri\u00e8re et \u00e0 la m\u00e9ditation. Il aimait \u00e0 r\u00e9citer l&rsquo;office.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il lui tardait, apr\u00e8s la messe du matin, de continuer son t\u00eate-\u00e0-t\u00eate avec Dieu dans la m\u00e9ditation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela suffit, Monseigneur, pour votre consolation et celle des paroissiens qui ont connu ce bon pr\u00eatre. Je tiens \u00e0 dire que M. Simon est mort en pr\u00e9destin\u00e9, son livre de pri\u00e8re \u00e0 la main, les yeux ouverts et regardant le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eug\u00e8ne Marie SIMON est n\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 1882 \u00e0 Loyat (Morbihan) et est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 29 octobre 1917 \u00e0 Malmaison (Aisne) Il \u00e9tait incorpor\u00e9 \u00e0 la 11\u00e8me Section d&rsquo;Infirmiers Militaires. Eug\u00e8ne Marie SIMON est n\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 1882 \u00e0 Loyat (Morbihan) et est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 29 octobre 1917 \u00e0 Malmaison (Aisne)&nbsp;Vicaire \u00e0 M\u00e9n\u00e9ac. Il figure \u00e9galement sur le Monuments aux Morts de LOYAT. Fils de Pierre Marie SIMON et Mathurine Marie LEBOIS. C\u00e9libataire. Eccl\u00e9siastique. N\u00e9crologie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Livre d\u2019Or du Petit S\u00e9minaire de Plo\u00ebrmel&nbsp;\u00bb, Vannes, Lafolye, 1920. L\u2019Abb\u00e9 Eug\u00e8ne SIMON, vicaire \u00e0 M\u00e9n\u00e9ac. L&rsquo;abb\u00e9 Eug\u00e8ne-Marie Simon \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Loyat le 14 d\u00e9cembre 1882. Il fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 10 juillet 1908, et apr\u00e8s trois ans pass\u00e9s comme vicaire instituteur \u00e0 Mendon, il fut nomm\u00e9, en 1911, vicaire \u00e0 M\u00e9n\u00e9ac. Mobilis\u00e9 comme infirmier, il est mort au Champ d&rsquo;honneur le 23 octobre 1916. Pour faire revivre la figure de notre camarade, et donner quelques d\u00e9tails sur sa mort glorieuse, nous ne pouvons mieux faire que de citer cette lettre \u00e9crite \u00e0 Mer Gouraud par un pr\u00eatre vannetais, compagnon d&rsquo;armes du cher d\u00e9funt. 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C&rsquo;\u00e9tait la troisi\u00e8me fois qu&rsquo;il travaillait dans l&rsquo;Aisne. Sa Croix de guerre devait \u00eatre enfin la r\u00e9compense du devoir joyeusement et int\u00e9gralement accompli. H\u00e9las ! c&rsquo;\u00e9tait le 28 octobre ! Finie la rel\u00e8ve des bless\u00e9s, finie la s\u00e9pulture des morts, heureusement peu nombreux, apr\u00e8s quatre nuits et quatre jours de fatigue, M. Simon, obtint de se reposer pendant vingt-quatre heures. Le lendemain, il fut d\u00e9sign\u00e9 pour monter au fort de la Malmaison. Il paraissait bien fatigu\u00e9 et un peu triste. Je le consolai en lui apprenant que le service du fort \u00e9tait bien simplifi\u00e9 : plus ou presque pas de bless\u00e9s. Il m&rsquo;esquissa un sourire, et parut content. Le poste de secours install\u00e9 au fort n&rsquo;offrait aucune garantie de s\u00e9curit\u00e9. A peine M. Simon y \u00e9tait-il arriv\u00e9, qu&rsquo;un obus de rupture allemand s&rsquo;abattit \u00e0 la porte de la salle, et, se brisant violemment, d\u00e9chargea ses \u00e9clats nombreux dans l&rsquo;appartement, tuant dix hommes et en blessant le double. J&rsquo;appris la catastrophe quelques heures plus tard. Mon c\u0153ur battait, car sur les quatorze hommes du groupe, on annon\u00e7ait cinq morts et six bless\u00e9s. La tristesse me gagna lorsque j&rsquo;appris que mon cher confr\u00e8re \u00e9tait au nombre des victimes. C&rsquo;\u00e9tait le 29 octobre, \u00e0 une heure environ de l&rsquo;apr\u00e8s-midi. Le lendemain matin, je remontai pour aider \u00e0 descendre les chers camarades tomb\u00e9s. Je rencontrai en chemin le convoi de la premi\u00e8re victime. J&rsquo;arr\u00eatai les brancardiers, et, soulevant la toile de tente qui recouvrait le mort, je reconnus mon brave confr\u00e8re, jambe gauche bris\u00e9e, pied droit coup\u00e9, et un \u00e9clat \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule qui le traversa de part en part. La mort avait \u00e9t\u00e9 instantan\u00e9e. M. l&rsquo;abb\u00e9 Simon \u00e9tait le type du soldat mod\u00e8le, accomplissant en silence les devoirs les plus p\u00e9rilleux. Il avait avec ses camarades des relations franches. Il poss\u00e9dait surtout les deux qualit\u00e9s qui font aimer et estimer un homme : la simplicit\u00e9 qui plait, et la bont\u00e9 qui attire. Il avait tant de charme dans ses rapports avec ses camarades, et il mettait tant d&rsquo;onction dans ses paroles, qu&rsquo;il gagnait l&rsquo;affection de tous ceux qui l&rsquo;approchaient. Tous l&rsquo;appelaient le bon M. Simon. Il avait toutefois dans le groupe ses amis pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s : C\u2019\u00e9taient ses confr\u00e8res, et un petit cercle de bons enfants, qui lui rappelaient, disait-il, les bonnes \u00e2mes de Mendon et de M\u00e9n\u00e9ac. Jamais il ne passait un jour sans les approcher, leur demander les plus petits d\u00e9tails de leur vie, les nouvelles de leur famille. Il les tenait au courant du service religieux, rares \u00e9taient ceux qui ne se rendaient pas \u00e0 son appel. Pour eux il recevait la petite revue Fr\u00e8res d&rsquo;Armes, qui circulait dans le petit groupe \u00e0 la mani\u00e8re des Annales de saint Fran\u00e7ois de Sales. Oh ! le bien que cette petite revue faisait ! Pour ses confr\u00e8res, il poss\u00e9dait la Revue hebdomadaire, dont chacun faisait son profit. Cette simplicit\u00e9 et cette bont\u00e9 naturelles avaient leur foyer dans la pi\u00e9t\u00e9 profonde de M. Simon. Son plus grand bonheur \u00e9tait de c\u00e9l\u00e9brer la sainte Messe. Je la lui r\u00e9pondais, et je puis dire qu&rsquo;il la disait avec la m\u00eame ferveur que les messes des premiers jours de son ordination. Le sacrifice c\u00e9l\u00e9br\u00e9, il rentrait au cantonnement, et, si le service ne l&rsquo;y retenait pas, il s&rsquo;\u00e9cartait \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres, pour se livrer dans le silence \u00e0 la pri\u00e8re et \u00e0 la m\u00e9ditation. Il aimait \u00e0 r\u00e9citer l&rsquo;office. Il lui tardait, apr\u00e8s la messe du matin, de continuer son t\u00eate-\u00e0-t\u00eate avec Dieu dans la m\u00e9ditation. Cela suffit, Monseigneur, pour votre consolation et celle des paroissiens qui ont connu ce bon pr\u00eatre. Je tiens \u00e0 dire que M. 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