{"id":6132,"date":"2024-08-13T09:04:08","date_gmt":"2024-08-13T07:04:08","guid":{"rendered":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/?p=6132"},"modified":"2024-08-13T09:04:08","modified_gmt":"2024-08-13T07:04:08","slug":"pierre-sentier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/2024\/08\/13\/pierre-sentier\/","title":{"rendered":"Pierre SENTIER"},"content":{"rendered":"\n<p>Pierre Marie SENTIER est n\u00e9 le 8 avril 1886 \u00e0 Camp\u00e9n\u00e9ac (Morbihan) et est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 21 septembre 1914 \u00e0 Bezonvaux (Meuse)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Il \u00e9tait incorpor\u00e9 au 4\u00e8me R\u00e9giment d&rsquo;Artillerie Lourde<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"492\" height=\"353\" src=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-23.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6251\" style=\"width:656px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-23.png 492w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-23-300x215.png 300w\" sizes=\"(max-width: 492px) 100vw, 492px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Train d&rsquo;artillerie lourde sur le front<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><small><strong>Source gallica.bnf.fr \/ Service historique de la D\u00e9fense<\/strong><\/small><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019artillerie lourde avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9daign\u00e9e avant 1914. Malgr\u00e9 le cri d\u2019alarme de quelques grands hommes politiques, elle n\u2019\u00e9tait, avant la mobilisation, qu\u2019une artillerie embryonnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Il nous fallait un mat\u00e9riel extr\u00eamement mobile, de port\u00e9e plus grande que notre 75, d\u2019une puissance de destruction plus consid\u00e9rable, ni trop lourd ni trop l\u00e9ger&nbsp;; un mat\u00e9riel tirant vite et bien. Il nous fallait une grande port\u00e9e et une extr\u00eame mobilit\u00e9. Les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans la construction automobile permettaient l\u2019espoir de fonder une artillerie dont les pi\u00e8ces seraient train\u00e9es par de petits tracteurs l\u00e9gers.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/artillerie.asso.fr\/basart\/IMG\/jpg\/Chatillon-Panhard_tracteur_artillerie_4x4_-_1914.jpg\" alt=\"(JPG)\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Les essais commenc\u00e8rent en 1912. Le canon adopt\u00e9 comme r\u00e9pondant aux exigences du moment fut le 120 L. de Bange avec congolis. Les tracteurs furent des tracteurs Panhard. Le premier r\u00e9giment qui fut dot\u00e9 de ce mat\u00e9riel, avec avant-train modifi\u00e9 pour la traction automobile, fut le 4e r\u00e9giment d\u2019artillerie lourde mobile, l\u2019anc\u00eatre du 81e R.A.L.<\/p>\n\n\n\n<p>Form\u00e9 le 1er avril 1912, il fut d\u00e9sign\u00e9 pour les premiers essais aux grandes man\u0153uvres des pi\u00e8ces \u00e0 tracteurs. Il ne comprenait, \u00e0 la mobilisation, qu\u2019un groupe automobile de deux batteries de six pi\u00e8ces, lequel avait particip\u00e9 au d\u00e9fil\u00e9 du 14 juillet 1914 \u00e0 Longchamp.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mobilisation g\u00e9n\u00e9rale<\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Les 1\u00e8re et 2e batteries du 4e R.A.L. partirent de Versailles \u00e0 l\u2019aube du 31 juillet 1914<\/strong>, au re\u00e7u du t\u00e9l\u00e9gramme de couverture\u00a0: batteries, uniquement compos\u00e9es des jeunes classes pr\u00e9sentes sous les drapeaux, d\u2019un certain nombre de r\u00e9servistes qui faisaient alors une p\u00e9riode de vingt-huit jours et de quelques chauffeurs mobilis\u00e9s avec leur v\u00e9hicule par ordre sp\u00e9cial.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux autres batteries, dites de d\u00e9doublement (21e et 22e), compos\u00e9es d\u2019une plus forte proportion de r\u00e9servistes appel\u00e9s par l\u2019ordre de mobilisation g\u00e9n\u00e9rale du 2 ao\u00fbt 1914 ne rejoignirent qu\u2019une quinzaine de jours plus tard, dans la vall\u00e9e de la Meuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9part se fit avec des tracteurs Panhard 35 HP. Les premiers tracteurs \u00e0 quatre roues motrices et directrices, furent conduits par des chauffeurs professionnels recrut\u00e9s sp\u00e9cialement d\u00e8s le d\u00e9but de 1914. Par Saint-Cloud, et en contournant Paris et Saint-Denis, le groupe parvint \u00e0 Villetaneuse, o\u00f9 se fit l\u2019embarquemenl en chemin de fer. Le mat\u00e9riel d\u2019artillerie \u00e9tait -le 120 L. de Bange avec quelques l\u00e9g\u00e8res additions destin\u00e9es \u00e0 fixer le tube \u00e0 la position de route et \u00e0 supporter la plaque de dessous de crosse.- Le d\u00e9placement, effectu\u00e9 de Versailles \u00e0 Longchamp pour la revue du 14 juillet 1914 ayant permis de se rendre compte des imperfections les plus graves, un rem\u00e8de y avait \u00e9t\u00e9 rapidement apport\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain, au petit jour, le groupe d\u00e9barque \u00e0 L\u00e9rouville et de l\u00e0 fit route par ses propres moyens jusqu\u2019au fort du Camp des Romains.<\/p>\n\n\n\n<p>Les 21e et 22e batteries de d\u00e9doublement rejoignirent le 14 ao\u00fbt. Le groupe comprenait donc quatre batteries, aux- quelles \u00e9tait adjointe une colonne l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Des op\u00e9rations de grande envergure se dessinaient dans la r\u00e9gion de Longwy. Le groupe fut appel\u00e9 et mis \u00e0 la disposition du (3e corps de la IIIe arm\u00e9e (g\u00e9n\u00e9ral SARRAIL et g\u00e9n\u00e9ral HERR, commandant l\u2019artillerie).<\/p>\n\n\n\n<p>Peu de temps apr\u00e8s fut ex\u00e9cut\u00e9 par la 21e batterie (capitaine OLIVIER), sur une batterie et des rassemblements ennemis, aux environs de Pretz, en Argonne, un des premiers r\u00e9glages par avion de la guerre. Ce tir, d\u00f9 \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019aviateur et du commandant, de batterie, ex\u00e9cut\u00e9 avec syst\u00e8me de conventions tr\u00e8s simples, donna d\u2019excellents r\u00e9sultats.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019ennemi d\u00e9ferle par la Belgique envahie et le nord de la France. Devant l\u2019avalanche, nous reculons. Le groupe prend part \u00e0 la retraite g\u00e9n\u00e9rale, mais bient\u00f4t c\u2019est la fameuse bataille de la Marne. Toujours avec le 3e corps, il participe \u00e0 la d\u00e9faite de l\u2019arm\u00e9e du Kronprinz, puis prend part \u00e0 la poursuite, lorsqu\u2019un ordre du G.Q.G. le mit, le 17 septembre 1914, \u00e0 la disposition du corps combin\u00e9 (g\u00e9n\u00e9ral HUMBERT, troupes marocaines et 42e D.I.).<\/p>\n\n\n\n<p>Deux jours apr\u00e8s, par ses propres moyens, le groupe \u00e9tait en Champagne. Seule artillerie lourde de la r\u00e9gion, il fallait r\u00e9pondre. \u00e0 toutes les n\u00e9cessit\u00e9s que comportait la situation et satisfaire \u00e0 tous les besoins de l\u2019infanterie. Du 21 septembre au 16 octobre, le groupe man\u0153uvra constamment. Les batteries, se divisant en sections et m\u00eame en pi\u00e8ces isol\u00e9es, occup\u00e8rent le front de Reims \u00e0 Berry-au-Bac. Les tirs, ex\u00e9cut\u00e9s avec autant d\u2019\u00e0-propos que de pr\u00e9cision, r\u00e9ussirent \u00e0 faire \u00e9chouer plusieurs attaques de la Garde prussienne. Le g\u00e9n\u00e9ral HUMBERT, qui fut. t\u00e9moin oculaire de ces op\u00e9rations, adressa au groupe une lettre de f\u00e9licitations.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pierre Marie SENTIER est n\u00e9 le 8 avril 1886 \u00e0 Camp\u00e9n\u00e9ac (Morbihan) et est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 21 septembre 1914 \u00e0 Bezonvaux (Meuse) Il \u00e9tait incorpor\u00e9 au 4\u00e8me R\u00e9giment d&rsquo;Artillerie Lourde Source gallica.bnf.fr \/ Service historique de la D\u00e9fense L\u2019artillerie lourde avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9daign\u00e9e avant 1914. Malgr\u00e9 le cri d\u2019alarme de quelques grands hommes politiques, elle n\u2019\u00e9tait, avant la mobilisation, qu\u2019une artillerie embryonnaire. Il nous fallait un mat\u00e9riel extr\u00eamement mobile, de port\u00e9e plus grande que notre 75, d\u2019une puissance de destruction plus consid\u00e9rable, ni trop lourd ni trop l\u00e9ger&nbsp;; un mat\u00e9riel tirant vite et bien. Il nous fallait une grande port\u00e9e et une extr\u00eame mobilit\u00e9. Les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans la construction automobile permettaient l\u2019espoir de fonder une artillerie dont les pi\u00e8ces seraient train\u00e9es par de petits tracteurs l\u00e9gers. Les essais commenc\u00e8rent en 1912. Le canon adopt\u00e9 comme r\u00e9pondant aux exigences du moment fut le 120 L. de Bange avec congolis. Les tracteurs furent des tracteurs Panhard. Le premier r\u00e9giment qui fut dot\u00e9 de ce mat\u00e9riel, avec avant-train modifi\u00e9 pour la traction automobile, fut le 4e r\u00e9giment d\u2019artillerie lourde mobile, l\u2019anc\u00eatre du 81e R.A.L. Form\u00e9 le 1er avril 1912, il fut d\u00e9sign\u00e9 pour les premiers essais aux grandes man\u0153uvres des pi\u00e8ces \u00e0 tracteurs. 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Le lendemain, au petit jour, le groupe d\u00e9barque \u00e0 L\u00e9rouville et de l\u00e0 fit route par ses propres moyens jusqu\u2019au fort du Camp des Romains. Les 21e et 22e batteries de d\u00e9doublement rejoignirent le 14 ao\u00fbt. Le groupe comprenait donc quatre batteries, aux- quelles \u00e9tait adjointe une colonne l\u00e9g\u00e8re. Des op\u00e9rations de grande envergure se dessinaient dans la r\u00e9gion de Longwy. Le groupe fut appel\u00e9 et mis \u00e0 la disposition du (3e corps de la IIIe arm\u00e9e (g\u00e9n\u00e9ral SARRAIL et g\u00e9n\u00e9ral HERR, commandant l\u2019artillerie). Peu de temps apr\u00e8s fut ex\u00e9cut\u00e9 par la 21e batterie (capitaine OLIVIER), sur une batterie et des rassemblements ennemis, aux environs de Pretz, en Argonne, un des premiers r\u00e9glages par avion de la guerre. Ce tir, d\u00f9 \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019aviateur et du commandant, de batterie, ex\u00e9cut\u00e9 avec syst\u00e8me de conventions tr\u00e8s simples, donna d\u2019excellents r\u00e9sultats. Mais l\u2019ennemi d\u00e9ferle par la Belgique envahie et le nord de la France. Devant l\u2019avalanche, nous reculons. Le groupe prend part \u00e0 la retraite g\u00e9n\u00e9rale, mais bient\u00f4t c\u2019est la fameuse bataille de la Marne. Toujours avec le 3e corps, il participe \u00e0 la d\u00e9faite de l\u2019arm\u00e9e du Kronprinz, puis prend part \u00e0 la poursuite, lorsqu\u2019un ordre du G.Q.G. le mit, le 17 septembre 1914, \u00e0 la disposition du corps combin\u00e9 (g\u00e9n\u00e9ral HUMBERT, troupes marocaines et 42e D.I.). Deux jours apr\u00e8s, par ses propres moyens, le groupe \u00e9tait en Champagne. Seule artillerie lourde de la r\u00e9gion, il fallait r\u00e9pondre. \u00e0 toutes les n\u00e9cessit\u00e9s que comportait la situation et satisfaire \u00e0 tous les besoins de l\u2019infanterie. Du 21 septembre au 16 octobre, le groupe man\u0153uvra constamment. Les batteries, se divisant en sections et m\u00eame en pi\u00e8ces isol\u00e9es, occup\u00e8rent le front de Reims \u00e0 Berry-au-Bac. Les tirs, ex\u00e9cut\u00e9s avec autant d\u2019\u00e0-propos que de pr\u00e9cision, r\u00e9ussirent \u00e0 faire \u00e9chouer plusieurs attaques de la Garde prussienne. 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