{"id":2079,"date":"2024-03-28T19:20:35","date_gmt":"2024-03-28T18:20:35","guid":{"rendered":"https:\/\/saint-brieuc-de-mauron.com\/?p=2079"},"modified":"2025-06-05T15:20:02","modified_gmt":"2025-06-05T13:20:02","slug":"ses-poemes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/2024\/03\/28\/ses-poemes\/","title":{"rendered":"Ses po\u00e8mes"},"content":{"rendered":"\n<p>Eug\u00e8ne PAMBOUC \u00e9crivit de nombreux po\u00e8mes durant les quelques mois qu&rsquo;il a pass\u00e9 au front, il \u00e9crivait aussi souvent \u00e0 sa famille. Ayant obtenu son certificat d&rsquo;\u00e9tudes \u00e0 12 ans, j&rsquo;ai remarqu\u00e9, en transcrivant ses correspondances qu&rsquo;il ne faisait aucune faute d&rsquo;orthographe.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"825\" height=\"637\" src=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Numerisation_20240326-3-1-rotated.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2082\" srcset=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Numerisation_20240326-3-1-rotated.jpg 825w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Numerisation_20240326-3-1-300x232.jpg 300w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Numerisation_20240326-3-1-768x593.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 825px) 100vw, 825px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:46px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-vertically-aligned-bottom is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-columns are-vertically-aligned-center is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p class=\"wp-container-content-1ac3d91d\"><strong>\u00d4 noble discipline, il fallait ob\u00e9ir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Et je les \u00e9coutais, refaire leurs tranch\u00e9es<br>Que le soixante-quinze avait boulevers\u00e9<br>Pendant l&rsquo;apr\u00e8s-midi par un bel arrosage<br>Et lorsqu&rsquo;une fus\u00e9e montait dans le ciel sage<br>Je voyais devant moi, peut-\u00eatre \u00e0 trente m\u00e8tres<br>Huit ou dix formes qui me r\u00e9v\u00e9laient les \u00eatres<br>L\u00e2ches, sournois, cruels dont je me m\u00e9fiais\u2026<br>Ils \u00e9taient dix alors, les x trois que je voyais<br>Quand j&rsquo;avais dit \u00ab\u00a0Faut-il tirer, mon Lieutenant ?\u00a0\u00bb<br>Mes dents s&rsquo;entrechoquaient, la fi\u00e8vre, maintenant<br>Envahissait mon corps de tout son grand frisson<br>Car je croyais les voir, appuyer leur menton<br>Sur les sacs entass\u00e9s qui formaient parapet\u2026<br>\u2026\u00a0\u00bbmais o\u00f9 s&rsquo;est-il cach\u00e9 celui qui rampait<br>Tout \u00e0 l&rsquo;heure devant notre r\u00e9seau de fer\u00a0\u00bb<br>Je grelottais de fi\u00e8vre et j&rsquo;appelais de \u00ab\u00a0l&rsquo;air\u00a0\u00bb<br>Et des \u00e9clairs brillaient ! la voix des mitrailleuses<br>S&rsquo;\u00e9levait en chansons rageuses et railleuses<br>Et au cr\u00e9pitement des fusils, le canon<br>S&rsquo;ajoutait et c&rsquo;\u00e9tait un orchestre sans nom<br>\u2026c&rsquo;est pour se \u00ab\u00a0prot\u00e9ger\u00a0\u00bb que les batteries tirent.<br>Et les autres guetteurs comme moi, s&rsquo;aplatirent<br>Car ils nous envoyaient une telle d\u00e9charge<br>Que je vous l&rsquo;avouerai, nous n&rsquo;en menions pas large.<br>\u2026 mais ce qui m&rsquo;\u00e9tonnait, c&rsquo;est que nos artilleurs<br>N&rsquo;aient pas voulu troubler un peu \u00ab\u00a0leurs travailleurs\u00a0\u00bb<br>\u2026Ah, j&rsquo;oubliais d\u00e9j\u00e0 la consigne donn\u00e9e !\u2026<br>De fins brouillards ouataient le fond de la vall\u00e9e<br>Un chant craintif d&rsquo;oiseau montait, narguant la mort<br>Qui nous enveloppait \u00e0 l&rsquo;Ouest, au Sud, au Nord<br>Les \u00e9toiles au ciel perdaient leur clart\u00e9 !<br>L&rsquo;aurore se levait, pleine de majest\u00e9\u2026<br>Ah quel soulagement lorsque le jour parut<br>En ce premier Ao\u00fbt qui me rappela Rhut<br>Car on glanait aussi chez nous ! On moissonnait<br>Bien loin de la tranch\u00e9e o\u00f9 je faisais le guet.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:72px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer wp-container-content-61193494\"><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><strong>Chant de l&rsquo;oiseau<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>I<br>Je chante au lever de l&rsquo;aurore !<br>Je chante pendant tout le jour<br>Le soir tombe, je chante encore<br>La beaut\u00e9, la vie et l&rsquo;amour !<br>Je suis la chanson vivante<br>Je suis la gaiet\u00e9 qui chante\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>II<br>Je chante au c\u0153ur du joli bois !<br>Dans le libre champ de l&rsquo;espace !<br>Et dans mon c\u0153ur et dans ma voix<br>C&rsquo;est la ch\u00e8re folie qui passe\u2026<br>Je suis le c\u0153ur que tout enchante\u2026<br>Je suis l&rsquo;\u00e9clair vivant qui chante !<\/p>\n\n\n\n<p>III<br>Je chante les buissons en fleurs !<br>Je chante le champ aux \u00e9pis !<br>Sans oublier les travailleurs<br>Et les \u0153ufs dans les petits nids,<br>Je suis la vie reconnaissante<br>Je suis la joie vive qui chante !<\/p>\n\n\n\n<p>IV<br>Je chante la Terre endeuill\u00e9e<br>Le ruisseau couvert de gla\u00e7ons<br>Dame nature d\u00e9pouill\u00e9e<br>De ses fleurs et de ses chansons !<br>Je suis la tristesse dolente<br>Je suis l&rsquo;esp\u00e9rance qui chante !<\/p>\n\n\n\n<p>V<br>Je chante un dieu qui fit les (illisible)<br>Le brin d&rsquo;herbe et le pin g\u00e9ant<br>Les bois, les pr\u00e9s, les champs, les (illisible)<br>Je dis sans (illisible), tout est n\u00e9ant<br>Je suis la pri\u00e8re innocente !<br>Je suis la douce foi qui chante.<\/p>\n\n\n\n<p>VI<br>Je chante malgr\u00e9 qu&rsquo;un m\u00e9chant<br>Ait d\u00e9truit ma ch\u00e8re couv\u00e9e !<br>Mais ma voix tremble et dans mon chant<br>ce n&rsquo;est plus la m\u00eame envol\u00e9e<br>Je suis la douleur d\u00e9chirante<br>Je suis le c\u0153ur meurtri qui chante.<\/p>\n\n\n\n<p>17 novembre 1915<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:65px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><strong>Nous vaincrons !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>XV<br>Nous vaincrons, Il le faut, pour que nos champs de bl\u00e9<br>Ne soient plus menac\u00e9s d&rsquo;\u00eatre encore br\u00fbl\u00e9s<br>Par&nbsp;une horde hurlante et de nouveaux \u00ab\u00a0patrons\u00a0\u00bb<br>Nous vaincrons !<\/p>\n\n\n\n<p>XVI<br>Nous vaincrons ! Il le faut ! Et sur tous les terrains !<br>Les boches commer\u00e7aient chez nous en souverains !<br>Nous n&rsquo;en avons que faire ! Et nous leur diront !<br>Nous vaincrons !<\/p>\n\n\n\n<p>XVII<br>Nous vaincrons ! Il le faut ! C&rsquo;est le v\u0153u de l&rsquo;Histoire !<br>Boches, vous y viendrez r\u00e9pondre \u00e0 son pr\u00e9toire !<br>Et pour vous accablez, nous y t\u00e9moignerons<br>Nous vaincrons !<\/p>\n\n\n\n<p>XVIII<br>Nous vaincrons ! Il le faut ! Sachons rester unis&nbsp;!<br>Prolongeons seulement la tr\u00eave&nbsp;des partis !<br>C&rsquo;est pour la stable paix que tous nous d\u00e9sirons<br>Nous vaincrons !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>17 novembre 1915<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"420\" height=\"635\" src=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Numerisation_20240326-6-1-rotated.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2126\" style=\"width:395px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Numerisation_20240326-6-1-rotated.jpg 420w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Numerisation_20240326-6-1-198x300.jpg 198w\" sizes=\"(max-width: 420px) 100vw, 420px\" \/><\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Faire plaisir<\/p>\n\n\n\n<p>Met le feu dans mon \u00e2me et l&rsquo;\u00e9clair dans mes yeux<br>Pour que mon vers soit clair, simple et harmonieux<br>\u2026 Tu m&rsquo;aideras \u00e0 le choisir<br>Pour que je le chante bien dans \u00ab\u00a0mon faire plaisir\u00a0\u00bb !<br>Faire plaisir ! Quel son divin, charmeur et tendre<br>Dans ces deux mots, mais, qu&rsquo;ils sont doux \u00e0 dire !<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui je suis p\u00e2le, \u00e9mu jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame !<br>Je m\u00e9dite un sujet bien fait pour \u00e9mouvoir,<br>Et quand je vois le champ o\u00f9 je veux me mouvoir,<br>Je me sentirai faible et douteux de moi-m\u00eame<br>Si je ne comptais pas sur la Muse qui m&rsquo;aime<br>Et qui s&rsquo;en va venir renforcer mon pouvoir\u2026<br>Viens ! fille aim\u00e9e des cieux !<br>Acc\u00e8de \u00e0 mon d\u00e9sir !<\/p>\n\n\n\n<p>Et comme l&rsquo;auditeur se h\u00e2te d&rsquo;y souscrire<br>Remu\u00e9 par la voix qui les lui fait entendre<br>Et par sa charit\u00e9 qu&rsquo;il sent vouloir s&rsquo;\u00e9tendre<br>Plus loin, s&rsquo;il le fallait, qu&rsquo;\u00e0 tout ce qui respire\u2026<br>\u00d4 sentiment inn\u00e9 !<br>Besoin d&rsquo;aider les autres<\/p>\n\n\n\n<p>De leur faire plaisir ! Tu vaus d&rsquo;\u00eatre chant\u00e9<br>Par le po\u00ebte, heureux s&rsquo;il te fait des ap\u00f4tres<br>Et dont l&rsquo;orgueil sera couronn\u00e9<br>S&rsquo;il peut voir plus \u00e9pais les bataillons des n\u00f4tres !<\/p>\n\n\n\n<p>Faire plaisir ! Cela devrait toujours se faire\u2026<br>Vous \u00e9miettez du pain aux oiseaux affam\u00e9s !<br>Vous prot\u00e9giez le lis contre le vent col\u00e8re !<br>Vous souriez aux fleurs et vous croyez leur plaire !<br>Oui ! Mais pour l&rsquo;un de vous, ah ! Nos c\u0153urs sont ferm\u00e9s !<br>Ils n&rsquo;avaient joint ce feu dont on les cr\u00fb br\u00fbl\u00e9s\u2026<br>Pourquoi ch\u00e9rir la haine<br>Et porter son drapeau !<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;est point sous les cieux, plus dure souveraine<br>Et pour qualifier les siens: Plus vil troupeau !<br>Venez ! La charit\u00e9 sereine<br>Venez vous enr\u00f4ler tous sous le sien bien plus beau.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:48px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"828\" height=\"637\" src=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/image-12.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2231\" srcset=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/image-12.png 828w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/image-12-300x231.png 300w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/image-12-768x591.png 768w\" sizes=\"(max-width: 828px) 100vw, 828px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:53px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Secou\u00e9 rudement parmi cette fum\u00e9e :<br>Mais oui, c&rsquo;\u00e9tait hier que j&rsquo;\u00e9tais un soldat,<br>Maintenant qu&rsquo;ils m&rsquo;ont mis hors de combat<br>Est-ce l&rsquo;heure de dire:\u00a0\u00bbIls sont l\u00e0! lieutenant<br>Faut-il tirer dessus ?\u2026C&rsquo;est trop tard, maintenant.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>          Quatrain<\/code><\/pre>\n\n\n\n<p>I<br>Oh! Ne troublez jamais le calme d&rsquo;une eau pure !<br>Laissez la pure et toute.<br>Surtout, ne troublez pas l&rsquo;\u00e2me qui se rassure<br>En y jetant le doute.<\/p>\n\n\n\n<p>II<br>Ne m\u00e9prisez jamais les rayons du soleil<br>Qui vous fait mal aux yeux,<br>Mais b\u00e9nissez plut\u00f4t le soir et au r\u00e9veil<br>Son auteur dans les cieux.<\/p>\n\n\n\n<p>III<br>Ne jetez point la pierre au chien inoffensif<br>Qui passe dans la rue !<br>Surtout ne soyez point aveugle, intempestif<br>Devant l&rsquo;\u00e2me ing\u00e9nue !<\/p>\n\n\n\n<p>IV<br>Ne trahissez jamais la l\u00e9g\u00e8re hirondelle<br>Qui choisit votre toit<br>Mais ne trahissez jamais non plus l&rsquo;ami fid\u00e8le<br>Qui sait ce qu&rsquo;il vous doit.<\/p>\n\n\n\n<p>V<br>Ne cultivez jamais les ronces dans vos champs !<br>Pas plus que les chardons !<br>Bannissez toute haine et ha\u00ef des m\u00e9chants<br>Soyez parmi les bons.<\/p>\n\n\n\n<p>VI<br>Ne laissez jamais rouiller vos charrues et vos b\u00eaches<br>Qui voudraient travailler.<br>Surtout, ne restez point avec des joues bien fra\u00eeches<br>Sans choisir un m\u00e9tier.<\/p>\n\n\n\n<p>VII<br>Ne narguez pas la mort qui r\u00f4de autour de vous<br>Les fleurs et les humains !<br>Rappelez vous plut\u00f4t que le tr\u00e9pas n&rsquo;est doux<br>Qu&rsquo;\u00e0 (illisible)<br>Qu&rsquo;\u00e0 ceux qui sont des Saints.<\/p>\n\n\n\n<p>Page 2<\/p>\n\n\n\n<p>I<br>Heureux qui se l\u00e8ve pour r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;appel<br>De la sainte Patrie et du noble drapeau<br>Le front aur\u00e9ol\u00e9 d&rsquo;un espoir immortel<br>Et l&rsquo;\u00e9ternelle foi comme \u00e9ternel flambeau.<\/p>\n\n\n\n<p>II<br>Heureux qui s&rsquo;enr\u00f4la, jeunes c\u00e9libataires !<br>P\u00e8res charg\u00e9s d&rsquo;enfants, paysans, \u00e9crivains !<br>Avocats, d\u00e9put\u00e9s, riches et prol\u00e9taires!<br>Tous les \u00ab\u00a0Mathias\u00a0\u00bb vengeurs de nos droits les plus saints.<\/p>\n\n\n\n<p>III<br>Heureux qui supporta les terribles fatigues<br>Des cruelles journ\u00e9es de \u00ab\u00a0Li\u00e8ge et Charleroi\u00a0\u00bb<br>Et sous le feu d&rsquo;enfer des batteries prodigues<br>Sut regarder la mort en face et sans effroi !<\/p>\n\n\n\n<p>IV<br>Heureux qui se battit sur les bords de l&rsquo;Yser,<br>De la Marne, de l&rsquo;Aisne et les bords de la Meuse<br>Et qui vit refluer les hordes du Kaiser<br>Frappant en vain le sol de sa botte rageuse !<\/p>\n\n\n\n<p>V<br>Heureux qui supporta les \u00e9preuves sans nombre<br>De la sombre retraite et sur le Grand Morin<br>O\u00f9 ils avaient conduit leur maints soldats de \u00ab\u00a0l&rsquo;ombre\u00a0\u00bb<br>Fit faire demi-tour aux sauvages du Rhin.<\/p>\n\n\n\n<p>VI<br>Heureux ceux que la faim et la soif tenaill\u00e8rent !<br>Les victimes du froid ! heureux les pieds gel\u00e9s !<br>Heureux les blocs de boue que d&rsquo;autres \u00ab\u00a0blocs\u00a0\u00bb racl\u00e8rent.<br>Heureux ceux qui marchaient quand on disait \u00ab\u00a0Allez !<\/p>\n\n\n\n<p>VII<br>Heureux qui fut bless\u00e9! la noble cicatrice<br>Le d\u00e9signe au respect des gens et de l&rsquo;Histoire.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:68px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"833\" height=\"637\" src=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Numerisation_20240326-5-1-1-rotated.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2144\" srcset=\"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Numerisation_20240326-5-1-1-rotated.jpg 833w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Numerisation_20240326-5-1-1-300x229.jpg 300w, https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Numerisation_20240326-5-1-1-768x587.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 833px) 100vw, 833px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:61px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Heureux les malheureux plong\u00e9s dans la nuit noire.<\/p>\n\n\n\n<p>VIII<br>Heureux les amput\u00e9s, les manchots, les martyrs !<br>Que l&rsquo;on trouva geignant dans quelque trou d&rsquo;obus!<br>Heureux ceux-l\u00e0 qui font entendre des soupirs<br>Sur un lit d&rsquo;h\u00f4pital qui ne quitteront plus.<\/p>\n\n\n\n<p>IX<br>Heureux qui s&rsquo;affaissa les armes \u00e0 la main !<br>Le sourire \u00e0 la l\u00e8vre un beau jour de victoire !<br>Et qui est aujourd&rsquo;hui dans un sombre ravin<br>Avec pour tout linceul, le linceul de la gloire !<\/p>\n\n\n\n<p>X<br>Heureux celui qui dort dans un obscur sillon !<br>Heureux celui qui dort sans cercueil, sans tombeau !<br>Sans la petite croix qui nous dirait son nom !<br>Perdu dans le plus morne et grand incognito !<\/p>\n\n\n\n<p>XI<br>Heureux les morts vivants, les h\u00e9ros ne meurent pas,<br>R\u00e9ellement- Il vit une seconde vie !<br>Car l&rsquo;immortalit\u00e9 sacre un noble tr\u00e9pas !<br>Heureux les morts vivants! Les morts pour la patrie !<\/p>\n\n\n\n<p>XII<br>N&rsquo;arrosons point de pleurs les bustes et les st\u00e8les !<br>Planons comme nos morts au dessus des tombeaux!<br>Envions les, jetons sur eux les immortelles !<br>Sachons entretenir le culte des h\u00e9ros !<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-left\">Le soleil radieux brillait depuis longtemps<br>Et r\u00e9chauffait nos c\u0153urs encore haletants<br>Lorsque par les boyaux d\u00e9cal\u00e9s tortueux<br>Nous v\u00eemes arriver un jus\u00a0\u00bb un jus piteux\u00a0\u00bb !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Puis on nous avertit de quitter notre ligne !<br>Avec sac et fusil, nous partons, sur un signe<br>Pour aller en deuxi\u00e8me, au fond d&rsquo;une \u00ab\u00a0cagna\u00a0\u00bb<br>Je sais plus d&rsquo;un dormeur, ravi, qui roupilla\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Comme l&rsquo;on demandait quatre ou cinq volontaires<br>Pour apporter la soupe au fond des taupini\u00e8res,<br>Mais il fallait la chercher un peu loin;<br>Je dis \u00a0\u00bb Je serai l\u00e0 si vous avez besoin !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Je pars avec au moins vingt, vingt-cinq bidons<br>Que m&rsquo;offrent, empress\u00e9s, un tas de bons gar\u00e7ons<br>Qui pr\u00e9f\u00e8rent pourtant voir apporter de l&rsquo;eau<br>De la soupe bien chaude et du vin dans un seau.<br>Que de se d\u00e9ranger pour avoir tout cela\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Et si c&rsquo;\u00e9tait un tam-tam effroyable par-l\u00e0 !<br>Les marmites tombaient, mais nos bons cuisiniers<br>Ne s&rsquo;en effrayaient pas !\u2026Les bifteks sont grill\u00e9s?<br>\u00ab\u00a0Et les nouilles ? le vin ? \u2026 Attendez un moment !<br>\u00ab\u00a0La distribution commence incessamment\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">J&rsquo;avais fort bien mang\u00e9 ! J&rsquo;avais un peu dormi<br>Dans la grotte \u00ab\u00a0de guerre\u00a0\u00bb o\u00f9 je m&rsquo;\u00e9tais tapis<br>Et je venais d&rsquo;aider \u00e0 faire un mur de sacs<br>Et j&rsquo;avais entendu plus d&rsquo;une fois \u00ab\u00a0Boum, crac\u00a0\u00bb<br>Au-dessus de ma t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">\u00ab\u00a0H\u00e9 ! Viens monter la garde !<br>\u00c0 qui parlez vous ? Est-ce \u00e0 moi que je hasarde<br>\u00ab\u00a0Oui\u00a0\u00bb Je prends mon fusil et le factionnaire<br>Me dit en quelques mots tout ce qu&rsquo;il faut faire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">\u2026Est-ce qu&rsquo;ils me voyaient, les l\u00e2ches et les brutes ?<br>Cinq minutes \u00e0 peine, oui cinq petites minutes<br>C&rsquo;\u00e9taient \u00e9coul\u00e9es \u00ab\u00a0Boum !\u00a0\u00bb J&#8217;embrassai la poussi\u00e8re<br>Une \u00e9paisse fum\u00e9e emplissait l&rsquo;atmosph\u00e8re !<br>Et je me d\u00e9battais, sans force et sans pens\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eug\u00e8ne PAMBOUC \u00e9crivit de nombreux po\u00e8mes durant les quelques mois qu&rsquo;il a pass\u00e9 au front, il \u00e9crivait aussi souvent \u00e0 sa famille. Ayant obtenu son certificat d&rsquo;\u00e9tudes \u00e0 12 ans, j&rsquo;ai remarqu\u00e9, en transcrivant ses correspondances qu&rsquo;il ne faisait aucune faute d&rsquo;orthographe. \u00d4 noble discipline, il fallait ob\u00e9ir Et je les \u00e9coutais, refaire leurs tranch\u00e9esQue le soixante-quinze avait boulevers\u00e9Pendant l&rsquo;apr\u00e8s-midi par un bel arrosageEt lorsqu&rsquo;une fus\u00e9e montait dans le ciel sageJe voyais devant moi, peut-\u00eatre \u00e0 trente m\u00e8tresHuit ou dix formes qui me r\u00e9v\u00e9laient les \u00eatresL\u00e2ches, sournois, cruels dont je me m\u00e9fiais\u2026Ils \u00e9taient dix alors, les x trois que je voyaisQuand j&rsquo;avais dit \u00ab\u00a0Faut-il tirer, mon Lieutenant ?\u00a0\u00bbMes dents s&rsquo;entrechoquaient, la fi\u00e8vre, maintenantEnvahissait mon corps de tout son grand frissonCar je croyais les voir, appuyer leur mentonSur les sacs entass\u00e9s qui formaient parapet\u2026\u2026\u00a0\u00bbmais o\u00f9 s&rsquo;est-il cach\u00e9 celui qui rampaitTout \u00e0 l&rsquo;heure devant notre r\u00e9seau de fer\u00a0\u00bbJe grelottais de fi\u00e8vre et j&rsquo;appelais de \u00ab\u00a0l&rsquo;air\u00a0\u00bbEt des \u00e9clairs brillaient ! la voix des mitrailleusesS&rsquo;\u00e9levait en chansons rageuses et railleusesEt au cr\u00e9pitement des fusils, le canonS&rsquo;ajoutait et c&rsquo;\u00e9tait un orchestre sans nom\u2026c&rsquo;est pour se \u00ab\u00a0prot\u00e9ger\u00a0\u00bb que les batteries tirent.Et les autres guetteurs comme moi, s&rsquo;aplatirentCar ils nous envoyaient une telle d\u00e9chargeQue je vous l&rsquo;avouerai, nous n&rsquo;en menions pas large.\u2026 mais ce qui m&rsquo;\u00e9tonnait, c&rsquo;est que nos artilleursN&rsquo;aient pas voulu troubler un peu \u00ab\u00a0leurs travailleurs\u00a0\u00bb\u2026Ah, j&rsquo;oubliais d\u00e9j\u00e0 la consigne donn\u00e9e !\u2026De fins brouillards ouataient le fond de la vall\u00e9eUn chant craintif d&rsquo;oiseau montait, narguant la mortQui nous enveloppait \u00e0 l&rsquo;Ouest, au Sud, au NordLes \u00e9toiles au ciel perdaient leur clart\u00e9 !L&rsquo;aurore se levait, pleine de majest\u00e9\u2026Ah quel soulagement lorsque le jour parutEn ce premier Ao\u00fbt qui me rappela RhutCar on glanait aussi chez nous ! On moissonnaitBien loin de la tranch\u00e9e o\u00f9 je faisais le guet. Chant de l&rsquo;oiseau IJe chante au lever de l&rsquo;aurore !Je chante pendant tout le jourLe soir tombe, je chante encoreLa beaut\u00e9, la vie et l&rsquo;amour !Je suis la chanson vivanteJe suis la gaiet\u00e9 qui chante\u2026 IIJe chante au c\u0153ur du joli bois !Dans le libre champ de l&rsquo;espace !Et dans mon c\u0153ur et dans ma voixC&rsquo;est la ch\u00e8re folie qui passe\u2026Je suis le c\u0153ur que tout enchante\u2026Je suis l&rsquo;\u00e9clair vivant qui chante ! IIIJe chante les buissons en fleurs !Je chante le champ aux \u00e9pis !Sans oublier les travailleursEt les \u0153ufs dans les petits nids,Je suis la vie reconnaissanteJe suis la joie vive qui chante ! IVJe chante la Terre endeuill\u00e9eLe ruisseau couvert de gla\u00e7onsDame nature d\u00e9pouill\u00e9eDe ses fleurs et de ses chansons !Je suis la tristesse dolenteJe suis l&rsquo;esp\u00e9rance qui chante ! VJe chante un dieu qui fit les (illisible)Le brin d&rsquo;herbe et le pin g\u00e9antLes bois, les pr\u00e9s, les champs, les (illisible)Je dis sans (illisible), tout est n\u00e9antJe suis la pri\u00e8re innocente !Je suis la douce foi qui chante. VIJe chante malgr\u00e9 qu&rsquo;un m\u00e9chantAit d\u00e9truit ma ch\u00e8re couv\u00e9e !Mais ma voix tremble et dans mon chantce n&rsquo;est plus la m\u00eame envol\u00e9eJe suis la douleur d\u00e9chiranteJe suis le c\u0153ur meurtri qui chante. 17 novembre 1915 Nous vaincrons ! XVNous vaincrons, Il le faut, pour que nos champs de bl\u00e9Ne soient plus menac\u00e9s d&rsquo;\u00eatre encore br\u00fbl\u00e9sPar&nbsp;une horde hurlante et de nouveaux \u00ab\u00a0patrons\u00a0\u00bbNous vaincrons ! XVINous vaincrons ! Il le faut ! Et sur tous les terrains !Les boches commer\u00e7aient chez nous en souverains !Nous n&rsquo;en avons que faire ! Et nous leur diront !Nous vaincrons ! XVIINous vaincrons ! Il le faut ! C&rsquo;est le v\u0153u de l&rsquo;Histoire !Boches, vous y viendrez r\u00e9pondre \u00e0 son pr\u00e9toire !Et pour vous accablez, nous y t\u00e9moigneronsNous vaincrons ! XVIIINous vaincrons ! Il le faut ! Sachons rester unis&nbsp;!Prolongeons seulement la tr\u00eave&nbsp;des partis !C&rsquo;est pour la stable paix que tous nous d\u00e9sironsNous vaincrons !&nbsp; 17 novembre 1915 Faire plaisir Met le feu dans mon \u00e2me et l&rsquo;\u00e9clair dans mes yeuxPour que mon vers soit clair, simple et harmonieux\u2026 Tu m&rsquo;aideras \u00e0 le choisirPour que je le chante bien dans \u00ab\u00a0mon faire plaisir\u00a0\u00bb !Faire plaisir ! Quel son divin, charmeur et tendreDans ces deux mots, mais, qu&rsquo;ils sont doux \u00e0 dire ! Aujourd&rsquo;hui je suis p\u00e2le, \u00e9mu jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame !Je m\u00e9dite un sujet bien fait pour \u00e9mouvoir,Et quand je vois le champ o\u00f9 je veux me mouvoir,Je me sentirai faible et douteux de moi-m\u00eameSi je ne comptais pas sur la Muse qui m&rsquo;aimeEt qui s&rsquo;en va venir renforcer mon pouvoir\u2026Viens ! fille aim\u00e9e des cieux !Acc\u00e8de \u00e0 mon d\u00e9sir ! Et comme l&rsquo;auditeur se h\u00e2te d&rsquo;y souscrireRemu\u00e9 par la voix qui les lui fait entendreEt par sa charit\u00e9 qu&rsquo;il sent vouloir s&rsquo;\u00e9tendrePlus loin, s&rsquo;il le fallait, qu&rsquo;\u00e0 tout ce qui respire\u2026\u00d4 sentiment inn\u00e9 !Besoin d&rsquo;aider les autres De leur faire plaisir ! Tu vaus d&rsquo;\u00eatre chant\u00e9Par le po\u00ebte, heureux s&rsquo;il te fait des ap\u00f4tresEt dont l&rsquo;orgueil sera couronn\u00e9S&rsquo;il peut voir plus \u00e9pais les bataillons des n\u00f4tres ! Faire plaisir ! Cela devrait toujours se faire\u2026Vous \u00e9miettez du pain aux oiseaux affam\u00e9s !Vous prot\u00e9giez le lis contre le vent col\u00e8re !Vous souriez aux fleurs et vous croyez leur plaire !Oui ! Mais pour l&rsquo;un de vous, ah ! Nos c\u0153urs sont ferm\u00e9s !Ils n&rsquo;avaient joint ce feu dont on les cr\u00fb br\u00fbl\u00e9s\u2026Pourquoi ch\u00e9rir la haineEt porter son drapeau ! Il n&rsquo;est point sous les cieux, plus dure souveraineEt pour qualifier les siens: Plus vil troupeau !Venez ! La charit\u00e9 sereineVenez vous enr\u00f4ler tous sous le sien bien plus beau. Secou\u00e9 rudement parmi cette fum\u00e9e :Mais oui, c&rsquo;\u00e9tait hier que j&rsquo;\u00e9tais un soldat,Maintenant qu&rsquo;ils m&rsquo;ont mis hors de combatEst-ce l&rsquo;heure de dire:\u00a0\u00bbIls sont l\u00e0! lieutenantFaut-il tirer dessus ?\u2026C&rsquo;est trop tard, maintenant. IOh! Ne troublez jamais le calme d&rsquo;une eau pure !Laissez la pure et toute.Surtout, ne troublez pas l&rsquo;\u00e2me qui se rassureEn y jetant le doute. IINe m\u00e9prisez jamais les rayons du soleilQui vous fait mal aux yeux,Mais b\u00e9nissez plut\u00f4t le soir et au r\u00e9veilSon auteur dans les cieux. IIINe jetez point la pierre au chien inoffensifQui passe dans la rue !Surtout ne soyez point aveugle, intempestifDevant l&rsquo;\u00e2me ing\u00e9nue ! IVNe trahissez jamais la l\u00e9g\u00e8re hirondelleQui choisit votre toitMais ne trahissez jamais non plus l&rsquo;ami fid\u00e8leQui sait ce qu&rsquo;il vous doit. VNe cultivez jamais les ronces dans vos champs !Pas plus que les chardons !Bannissez toute haine et ha\u00ef des m\u00e9chantsSoyez parmi les bons. VINe laissez jamais rouiller vos charrues et vos b\u00eachesQui voudraient travailler.Surtout, ne restez point avec des joues bien fra\u00eechesSans choisir un m\u00e9tier. VIINe narguez pas la mort qui r\u00f4de autour de vousLes fleurs et les humains !Rappelez vous plut\u00f4t que le tr\u00e9pas n&rsquo;est douxQu&rsquo;\u00e0 (illisible)Qu&rsquo;\u00e0 ceux qui sont des Saints. Page 2 IHeureux qui se l\u00e8ve pour r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;appelDe la sainte Patrie et du noble drapeauLe front aur\u00e9ol\u00e9 d&rsquo;un espoir immortelEt l&rsquo;\u00e9ternelle foi comme \u00e9ternel flambeau. IIHeureux qui s&rsquo;enr\u00f4la, jeunes c\u00e9libataires !P\u00e8res charg\u00e9s d&rsquo;enfants, paysans, \u00e9crivains !Avocats, d\u00e9put\u00e9s, riches et prol\u00e9taires!Tous les \u00ab\u00a0Mathias\u00a0\u00bb vengeurs de nos droits les plus saints. IIIHeureux qui supporta les terribles fatiguesDes cruelles journ\u00e9es de \u00ab\u00a0Li\u00e8ge et Charleroi\u00a0\u00bbEt sous le feu d&rsquo;enfer des batteries prodiguesSut regarder la mort en face et sans effroi ! IVHeureux qui se battit sur les bords de l&rsquo;Yser,De la Marne, de l&rsquo;Aisne et les bords de la MeuseEt qui vit refluer les hordes du KaiserFrappant en vain le sol de sa botte rageuse ! VHeureux qui supporta les \u00e9preuves sans nombreDe la sombre retraite et sur le Grand MorinO\u00f9 ils avaient conduit leur maints soldats de \u00ab\u00a0l&rsquo;ombre\u00a0\u00bbFit faire demi-tour aux sauvages du Rhin. VIHeureux ceux que la faim et la soif tenaill\u00e8rent !Les victimes du froid ! heureux les pieds gel\u00e9s !Heureux les blocs de boue que d&rsquo;autres \u00ab\u00a0blocs\u00a0\u00bb racl\u00e8rent.Heureux ceux qui marchaient quand on disait \u00ab\u00a0Allez ! VIIHeureux qui fut bless\u00e9! la noble cicatriceLe d\u00e9signe au respect des gens et de l&rsquo;Histoire. Heureux les malheureux plong\u00e9s dans la nuit noire. VIIIHeureux les amput\u00e9s, les manchots, les martyrs !Que l&rsquo;on trouva geignant dans quelque trou d&rsquo;obus!Heureux ceux-l\u00e0 qui font entendre des soupirsSur un lit d&rsquo;h\u00f4pital qui ne quitteront plus. IXHeureux qui s&rsquo;affaissa les armes \u00e0 la main !Le sourire \u00e0 la l\u00e8vre un beau jour de victoire !Et qui est aujourd&rsquo;hui dans un sombre ravinAvec pour tout linceul, le linceul de la gloire ! XHeureux celui qui dort dans un obscur sillon !Heureux celui qui dort sans cercueil, sans tombeau !Sans la petite croix qui nous dirait son nom !Perdu dans le plus morne et grand incognito ! XIHeureux les morts vivants, les h\u00e9ros ne meurent pas,R\u00e9ellement- Il vit une seconde vie !Car l&rsquo;immortalit\u00e9 sacre un noble tr\u00e9pas !Heureux les morts vivants! Les morts pour la patrie ! XIIN&rsquo;arrosons point de pleurs les bustes et les st\u00e8les !Planons comme nos morts au dessus des tombeaux!Envions les, jetons sur eux les immortelles !Sachons entretenir le culte des h\u00e9ros ! Le soleil radieux brillait depuis longtempsEt r\u00e9chauffait nos c\u0153urs encore haletantsLorsque par les boyaux d\u00e9cal\u00e9s tortueuxNous v\u00eemes arriver un jus\u00a0\u00bb un jus piteux\u00a0\u00bb ! Puis on nous avertit de quitter notre ligne !Avec sac et fusil, nous partons, sur un signePour aller en deuxi\u00e8me, au fond d&rsquo;une \u00ab\u00a0cagna\u00a0\u00bbJe sais plus d&rsquo;un dormeur, ravi, qui roupilla\u2026 Comme l&rsquo;on demandait quatre ou cinq volontairesPour apporter la soupe au fond des taupini\u00e8res,Mais il fallait la chercher un peu loin;Je dis \u00a0\u00bb Je serai l\u00e0 si vous avez besoin !\u00a0\u00bb Je pars avec au moins vingt, vingt-cinq bidonsQue m&rsquo;offrent, empress\u00e9s, un tas de bons gar\u00e7onsQui pr\u00e9f\u00e8rent pourtant voir apporter de l&rsquo;eauDe la soupe bien chaude et du vin dans un seau.Que de se d\u00e9ranger pour avoir tout cela\u2026 Et si c&rsquo;\u00e9tait un tam-tam effroyable par-l\u00e0 !Les marmites tombaient, mais nos bons cuisiniersNe s&rsquo;en effrayaient pas !\u2026Les bifteks sont grill\u00e9s?\u00ab\u00a0Et les nouilles ? le vin ? \u2026 Attendez un moment !\u00ab\u00a0La distribution commence incessamment\u00a0\u00bb J&rsquo;avais fort bien mang\u00e9 ! J&rsquo;avais un peu dormiDans la grotte \u00ab\u00a0de guerre\u00a0\u00bb o\u00f9 je m&rsquo;\u00e9tais tapisEt je venais d&rsquo;aider \u00e0 faire un mur de sacsEt j&rsquo;avais entendu plus d&rsquo;une fois \u00ab\u00a0Boum, crac\u00a0\u00bbAu-dessus de ma t\u00eate. \u00ab\u00a0H\u00e9 ! Viens monter la garde !\u00c0 qui parlez vous ? Est-ce \u00e0 moi que je hasarde\u00ab\u00a0Oui\u00a0\u00bb Je prends mon fusil et le factionnaireMe dit en quelques mots tout ce qu&rsquo;il faut faire. \u2026Est-ce qu&rsquo;ils me voyaient, les l\u00e2ches et les brutes ?Cinq minutes \u00e0 peine, oui cinq petites minutesC&rsquo;\u00e9taient \u00e9coul\u00e9es \u00ab\u00a0Boum !\u00a0\u00bb J&#8217;embrassai la poussi\u00e8reUne \u00e9paisse fum\u00e9e emplissait l&rsquo;atmosph\u00e8re !Et je me d\u00e9battais, sans force et sans pens\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":26,"footnotes":""},"categories":[22],"tags":[],"class_list":["post-2079","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documents-annexes"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2079","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2079"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2079\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14941,"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2079\/revisions\/14941"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2079"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2079"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresdepoilus-pays-de-ploermel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2079"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}